Logiciel retouche photo : Quel intérêt ?

Ah voilà un sujet intéressant ! Mais d’abord qu’est-ce que la retouche photo ?

Si je vous dis qu’aucune des photos que je publie ne vient directement de mon boitier, vous avez peut-être envie de savoir ce qu’il se passe entre les deux ? Allez, explications !

Développer les photos mais pour quoi faire ?

Oui c’est vrai ça ! Par définition la retouche photo consiste à modifier une photo. Mais attention à ne pas confondre avec le trucage qui consiste à rajouter des personnes ou des photomontages. La retouche photo est faite elle pour modifier l’aspect visuel d’une image par exemple : l’exposition, le contraste, etc. La retouche photo permet aussi d’enlever des boutons, des imperfections de peau. Dans les photos de coucher de soleil, la retouche permet d’accentuer la coloration du ciel pour avoir un résultat plus flatteur. Mais ce n’est pas tout, on peut aussi passer rapidement la photo en noir et blanc ou sépia selon notre choix artistique. Ce sont des exemples de retouches photos, mais la liste ne s’arrête pas là !

Le développement et la retouche photo au temps de l’argentique

Il fut un temps (pas si éloigné) où les photographes devaient avoir de sérieuses connaissances en chimie. Je pense évidemment au célèbre laboratoire photo, ce lieu où la magie se révèle, les épingles sur le fil pour faire sécher les photos… Cet endroit ne parlera sans doute pas aux moins de 20 ans et c’est bien normal (je me mets un peu dedans aussi !). C’est le temps des pellicules argentiques : kodak gold max, ilford, fuji neopan, tri x et j’en passe ! C’est aussi celui des dates de péremptions des « péloches ». Ce sont de longues journées passées dans le noir à voir ses photos se révéler dans différents bains de produis chimiques pour obtenir le résultat escompté ! Pas mal de patience donc, de la précision dans les gestes mais pas si difficile pour les connaisseurs même si cela demande un savoir assez précis. C’est un autre temps de la retouche photo. Dans la chambre noire bien loin de Lightroom et cie, évidemment les nuances sont bien plus subtiles mais le résultat bien réel ! Quand je vois ce que Pablo Inirio a été capable de faire dans les studios de la mythique agence Magmum photos à New York, on se dit que Photoshop n’a pas fait que reprendre des principes qui existaient déjà. La photo était découpée en zones que l’on exposait plus ou moins pour obtenir les effets désirés. On appelle cette technique le dodge and burn. Dodging pour les zones à éclaircir et burning pour les zones à assombrir. Il faut avouer que les curseurs de Lightroom nous facilitent désormais grandement le travail photographique. Quand on récupérait les photos chez le photographe, les photos n’étaient pas retouchées. On parle juste de développement et d’éventuels tirages. Pas de retouche. Ces deux notions photographiques sont bien sûr différentes l’une de l’autre.

Retouche photo et numérique

De nos jours le développement photo ou retouche photo est bien différent de l’argentique d’antan. Outre le fait de corriger des défauts et des imperfections d’une photo, la retouche photo en numérique va plus loin. Tout dépend aussi du format de fichier que l’on choisit : le Jpeg et le Raw. Appelé .nef chez Nikon et .cr2 chez Canon, chaque marque a son propre format de fichier raw. Le Jpeg est un format de photo numérique compressé devenu norme officielle au début des années 90 et breveté par IBM. Le second est un format brut de capteur. Ce format ne subit pas de compression ni de modification comme le Jpeg. C’est surtout le Raw qui nous intéresse puisqu’il enregistre bien plus d’information numérique pour la post production (retouche photo). Le jpeg est codé sur 8 bit ce qui donne 256 niveau de nuances par couleur, alors que le raw est codé en 12bit ou 14bit ce qui donne 16384 nuances par couche de couleur ! Donc dans la pratique photo en shooting ou reportage, on se concentre sur la prise de vue et le cadrage parce qu’on sait que derrière, en « post prod », les RAW nous permettront de rattraper énormément d’erreur sur l’exposition, les ombres bouchées, etc… Mais attention ce n’est pas une excuse pour shooter à tout va !

Jpeg ou raw quel format choisir ?

Qu’on se le dise une bonne fois pour toute, je shoote Raw ! Le format Raw est un format brut de capteur. C’est le « négatif » du numérique, comme son homologue argentique il n’est pas exploitable tel quel, il faut le passer dans un logiciel de dématriçage tel que Lightroom pour être exploité. Les RAW sortent fades du boitier, un peu plats, sans relief. C’est là que rentre en jeu Lightroom pour donner vie à nos futurs Jpeg (exploitable partout du coup). Le fichier raw est un allié de poids dans la retouche photo mais un des principaux problèmes de ce type de fichier est le poids assez conséquent d’une photo. Sur mon D750 par exemple c’est généralement 28Mo de moyenne par fichier ! Ça peut aller sur un Nikon D810 qui a lui 36 millions de pixels jusqu’à 80Mo la photo ! (Alors je précise, c’est avec les options raw 14 bit et sans compression, sinon c’est plutôt 40Mo en moyenne). Les cartes mémoires se remplissent vite, les disques durs aussi ! Mais ce n’est pas tout, je vous recommande d’avoir un ordinateur (très) récent avec de préférence un SSD et 8go de ram pour vraiment être tranquille ! Par défaut les boitiers numériques sortis d’usine sont réglés sur Jpeg avec différente taille, qualité, etc. Pour le raw c’est plus simple il n’y a qu’un format ! (raw S chez Nikon ndlr).

Les raw enregistrent beaucoup plus d’informations que le jpeg, il a une dynamique bien plus élevée (du fait du nombre de nuances disponibles) avec des détails dans les ombres et les hautes lumières (parties les plus claires de l’image) très importants. En Raw on rattrape les zones trop claires ou trop foncées qui serait perdues avec le format Jpeg. On a la possibilité de régler la balance des blancs dans les logiciels de retouche photo, chose que ne sait pas faire le Jpeg (ou très mal). La balance des blancs permet de donner une dominante de couleurs à la photo en rapport avec la lumière d’ambiance. La balance des blancs permet de définir la tonalité globale de la photo, par exemple plus froid ou plus chaud. Sur une photo d’intérieur éclairée par de la lumière dite « tungstène » la balance sera alors chaude (environ 3200K) alors qu’une photo prise à l’ombre sera froide c’est à dire environ 7000K, etc… C’est une donnée très importante, car elle est à refaire pour chaque photo ! L’avantage du raw dans ce cas précis c’est de pouvoir les modifier dans un second temps. Je laisse pour ma part la balance des blancs sur auto sur mon boitier, c’est une donnée que je rectifie en post production.

Le raw permet de tirer tout le meilleur d’une scène très contrastée comme un contre jour par exemple. Mais les raw ne sont pas lisibles partout surtout sur le web et dans d’autres logiciels (traitement de texte, etc.). Ce format pèse bien trop lourd pour un site web ou pour un mail par exemple. D’où les logiciels de dématriçage ou de retouche (comme vous préférez) pour traiter ces fichiers et les exporter en jpeg utilisable partout et surtout sur le web. Attention toutefois aux ressources de matériel informatique, les raw sont très gourmands en puissance. Il est préférable d’avoir un ordinateur récent comme mentionné plus haut dans l’article. Mais vous allez me dire mais alors quel est l’avantage du format photo jpeg ? Il est utilisable tel quel rapidement, il est très léger, il est lisible partout prêt à l’emploi en quelque sorte. Il est beaucoup utilisé par les photographes travaillant pour la presse qui ont besoin de sortir des fichiers rapidement pour publication.

Les différents logiciels de retouche photo

Il existe bon nombre de solution logicielle de retouche photo. Voici quelques logiciels que l’on croise (très) souvent chez mes confrères, que ce soit des photographes professionnels ou amateurs passionnés.

DXO Photolab

Développé par la société Dxo Labs, un concurrent des produits Adobe que sont Lightroom et Photoshop, ce logiciel de retouche, à la base conçu pour les aberrations des objectifs, est devenu dématriceur. Il est très complet et d’autres logiciels de la même marque permettent aussi la simulation de grain, films argentiques entre autres. Il est très proche de Lightroom dans son fonctionnement.

Adobe Photoshop

Créé en 1988 par les frères Knoll en Californie qui vendirent la licence à Adobe dans la foulée pour distribution, ce logiciel de retouche est une arme absolue en matière de retouche photo. Véritable usine à gaz quand on commence à s’y intéresser, il vaut réellement le coup de prendre des cours tellement les latitudes de travail sont astronomiques. L’avantage de Photoshop c’est surtout le fait de pouvoir retoucher une seule image en profondeur, de la modifier de A à Z, un must have pour les photographes et graphistes.

Adobe Lightrom

Petit frère de Photoshop, lui aussi édité par Adobe, il fut créé en 2007 pour assister les photographes dans leurs tâches de post production. L’avantage de Lightroom c’est la notion de « workflow » car il permet de traiter un grand nombre d’images en même temps avec un système de bibliothèque. Il permet aussi l’édition de livre photo, géomapping, etc. un must have de la retouche photo !

Les autres

Dans la même veine de logiciel de retouche, vous trouverez aussi Gimp qui est un logiciel libre se rapprochant de Photoshop, RawTherappe lui aussi libre, mais aussi les logiciels fournis par les constructeurs que sont capture NX chez Nikon ou Digital photo professionnal chez Canon. Ces derniers sont aussi des outils très performants, mais ne les utilisant pas ou n’ayant pas eu d’expérience avec eux je ne préfère pas en parler.

Lightroom : Le saint graal du photographe?

De mon point de vue oui ! Mais je ne suis pas objectif… C’est un outil très bien pensé et très fonctionnel regroupant toutes les fonctionnalités nécessaires à la retouche photo « de base » sans vouloir trop rentrer dans les détails (de la photo) comme dans Photoshop. Il permet de gérer facilement un « workflow » c’est à dire un groupe d’images en même temps. Non pas que les boîtiers soient mauvais pour prendre une photo, mais il y a une différence entre ce que capte le boitier et ce que voit réellement l’œil humain.

Les modules de Lightrom

Il y a pas mal de modules différents dans Lightroom et je vais parler de deux modules plus précisément : le module bibliothèque et le module développement. Le premier permet d’avoir un classement et un tri des photos par mot clef, métadonnées, etc… On a la possibilité de marquer les images de différentes couleurs ou d’étoiles pour faire une sélection très pratique pour la gestion des fichiers. Et le second, le bien nommé module développement, c’est à cet endroit précis que la magie prend forme. Il regroupe un histogramme avec les exifs de la photo, un niveau pour avoir les horizons droits avec les outils de rognage et de recadrage de la photo, des pinceaux de retouche locale, des filtres gradués mais aussi les exifs de la photo, etc. Le panel réglage de base permet lui de corriger l’exposition, le contraste. Les hautes lumières correspondent elles aux tons les plus clairs de l’image. Vous avez aussi la clarté qui rajoute des micros contrastes à l’image. Cette dernière est un piège à utiliser avec modération : les photos ne sont plus crédibles avec le curseur à fond ! Il y a aussi un panel pour corriger le bruit numérique (détails) lié a la forte utilisation des isos. Un autre panel nommé effet sert lui à rajouter du grain ou du vignetage sur la photo. Les courbes de tonalité et bien sûr des profils de corrections des boitiers et des objectifs. Bref comme vous pouvez le lire, il y a le choix ! Je vous monterai dans un prochain article les fonctionnalités de Lightroom.

Les presets

Un autre avantage de Lightroom c’est les preset que l’on peut appliquer à sa guise sur une sélection de photos. Il en existe des centaines sur la toile. On a la possibilité aussi d’en créer soi-même. Cela fait gagner un temps considérable en post traitement de retouche photo. Car traiter 1500 ou 2000 photos comme dans un reportage de mariage, cela peut prendre énormément de temps et c’est quand même agréable d’avoir le même rendu sur le même reportage.

Lightrom: pour aller plus loin

Je vous ferai aussi un article en entier sur ma façon de traiter des photos dans Lightroom et surtout la façon dont fonctionne l’interface. Pour que vous aussi vous retouchiez vos photos comme un pro ! (Non, je n’ai pas les chevilles qui enflent !)

Conclusion

Les retouches et l’optimisation des photos font partie intégrante du travail photographique. J’y passe personnellement un temps fou mais c’est le prix à payer pour avoir des photos au top du top pour mes clients. Alors oui, c’est là que la magie opère, mon objectif est d’avoir les photos les plus belles possibles et la « post prod » est nécessaire pour avoir un rendu qui appartient à chaque photographe. Quand je rentre de shooting ou de reportage pour moi le travail continue. Pour vous faire une idée sur un shooting modèle par exemple je passe 2h en séance photo pour 4 derrière Lightroom… Pareil pour les mariages, où il est généralement question de plusieurs jours de post traitement pour les clichés ! J’ai bien failli appeler cet article « Oui je suis possédé par Lightroom » ou encore « exorcisez-moi », je vous vois rire derrière votre ordinateur mais c’est la vérité, mon épouse vous le dira !

Voilà j’espère que ce billet vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article. Je me ferai un plaisir de vous répondre si vous avez des questions.

Les heures dorées : les heures magiques de la photo

Tout photographe qui se respecte est en perpétuelle recherche de lumière qui sublime ses sujets. Voici comment tirer le maximum des heures dorées.

Et la lumière fut

Mais d’abord qu’est-ce que les heures dorées?

Les heures dorées, appelées aussi golden hours en anglais, sont les instants juste avant le coucher du soleil ou juste après le lever du soleil. On parle d’environ 1 heure avant le coucher de soleil (le soir) ou 1 heure après le lever du soleil (le matin).

Durant ces heures prisées par les photographes, la lumière du soleil dore tous les éléments avec des couleurs chaudes et feutrées.

Pendant ces quelques instants la lumière devient particulièrement intéressante. J’ai pour ma part pris mes meilleures photos pendant ces quelques instants magiques. A ne pas confondre avec les heures d’or en médecine, ce n’est pas du tout le même sujet !

Le travail de la lumière

Avant d’aborder le sujet de la pratique, et surtout pouvoir exploiter au maximum cette pépite, il est de bon rappeler que nous autres photographes aimons la belle lumière naturelle. Certains aiment utiliser le flash ou des artifices de post traitement, mais je considère que rien ne vaut la lumière dorée des goldens hours.

D’ailleurs le mot photographie du mot photos en grecque qui signifie lumière et le suffixe -graphie signifie peindre ou dessiner. La photographie signifie donc « peindre avec la lumière ». Cette définition prend ici tout son sens car les heures dorées peignent littéralement les pixels !

C’est le saint graal ultime de la photo ! C’est un fait, nos sujets sont bien mieux mis en valeur sans artifice et surtout sans éclairage artificiel.

Je ne suis personnellement pas un grand fan des procédés du style HDR, photo blending sous Photoshop ou autre aurora HDR. C’est beaucoup plus flatteur et beaucoup plus joli en lumière naturelle. Pendant ces heures, les ombres se rallongent la lumière devient beaucoup plus douce et feutrée. Essayez de faire un portrait en plein soleil à midi vous verrez les yeux se ferment, le visage se crispe, les ombres marquent le dessus des yeux, bref rien de très esthétique.

Pareil pour les paysages, vous obtenez une photo bien souvent quelconque sans grand intérêt. Le fait que la lumière pendant les heures dorées soit de couleur chaude apporte encore une note de beauté au sujet photographié, puisque la lumière du soleil vire au jaune orangé. Nous sommes donc très clairement à l’opposé des tonalités froides que sont les dominantes de bleus.

Les photos deviennent naturellement plus contrastées aussi, on entend par là qu’il y a de grands écarts entre les tons clairs et les sombres. Les reflets des diverses surfaces deviennent de magnifiques dégradés. Bref les heures dorées subliment magnifiquement vos clichés. Pendant ces moments aussi le ciel devient souvent spectaculaire surtout s’il y a des nuages.

D’ailleurs je vous conseille d’avoir un ciel à moitié couvert c’est le top du top. Car oui, une belle photo c’est un ensemble d’éléments. Les nuages du ciel par exemple font partie de la composition de la photo. Pendant ces heures magiques le soleil devient pour sa part orange bref que du bonheur.

D’ailleurs au passage je trouve que les golden hours sont bien plus spectaculaires l’hiver puisque la terre s’incline pour l’éloigner du soleil pour nous autres habitant l’hémisphère de nord.

Vous obtenez des lumières encore plus rasantes et encore plus douces, d’ailleurs il y a plus de temps en heures dorées l’hiver que l’été pour le coupv!

Le plaisir de faire de la photo

En fait, le plaisir de faire de la photo c’est aussi le bonheur d’être dehors à contempler des paysages ou des bords de mer ! Le fait de sortir de chez soi, d’aller chercher les photos qui nous font rêver, mais aussi se balader dans la nature.

Prendre un bol d’air au petit matin pendant que tout le monde dort, ou faire du repérage en vacances pour amener le reste de la famille contempler des paysages spectaculaires ou oubliés du grand public. C’est ça faire de la photo ! N’oubliez pas que faire de la photo c’est aussi sans appareil photo avec vos yeux, avec vos jambes, bouger, contempler. Personnellement je pourrais parler photo pendant des heures, pourtant, les heures dorées, elles, sont vraiment spéciales. Nous autres photographes ne sommes seulement là pour bonifier et transmettre ce moment avec notre appareil photo.

Pratique : transformer l’or en pixels

Lève-tôt ou couche-tard?

Dans la pratique, pour obtenir ces fameuses golden hours, il va falloir soit se lever tôt, soit repousser son repas du soir. Autrement dit, soit mettre le réveil très tôt, soit mettre un sandwich dans le sac photo pour profiter de ces instants magiques. Petit conseil entre nous, prévoyez de la marge pour être tranquille sur place, quitte à bouger pour repérer le meilleur endroit où faire la photo de vos rêves. Il m’est arrivé aussi plus d’une fois de revenir le lendemain ou quelques jours plus tard pour avoir la lumière et le cadrage au top. Oui je sais, quand on est photographe, il faut savoir parfois renoncer, mais le jeu en vaut la chandelle !

Il m’est arrivé d’emporter l’appareil photo avant de prendre mon café… Un autre conseil de photographe, TOUJOURS avoir son appareil photo à portée de main, on ne sait jamais ! Combien de fois j’ai regretté une photo… Ou, pire encore, arriver sur place avec les batteries vides ou en ayant laissé la carte mémoire dans le lecteur de carte à la maison. Là, c’est vraiment pas de bol…

Portraits ou Paysages pendant les heures dorées

Les heures dorées ne sont pas réservées qu’au photographe amateur de paysages, il est tout à fait possible d’obtenir de superbes portraits pendant les golden hours. Les photos de rue (ou street photographie) sont aussi très spectaculaires avec les heures dorées.

Il est vrai que ça marche particulièrement bien avec les paysages montagneux ou les bords de mer rocailleux comme sur la côte d’azur, par exemple. Mais les portraits ne sont pas en reste : j’ai moi-même réalisé des portraits en lumière naturelle pendant les heures dorées, et ceux en plein centre-ville de Bordeaux. Il suffit de trouver une rue orientée plein ouest pour obtenir des portraits d’une douceur sans égal.

Point de vue technique

Un trépied n’est jamais du luxe, surtout si vous décidez de mettre des filtres gris devant votre boîtier. Je pense notamment au filtre ND 400 ou ND 1000 que l’on trouve partout dans le commerce. Ces filtres permettent d’allonger considérablement le temps d’exposition.

Le mix golden hours accompagné d’un effet fumé sur la mer et les rochers est souvent des plus spectaculaires. Du point de vue de l’appareil photo, il faut fermer assez fort f/13 voire plus, surtout en contre jour. Pensez aussi à mettre un pare soleil pour limiter le flare. Un truc technique aussi à savoir : lorsqu’on « ferme fort » les lamelles qui composent le diaphragme, ce dernier cisèle les rayons du soleil. Enfin, faites bien attention à vos yeux si vous décidez de shooter à contre jour, c’est comme regarder le soleil à travers une loupe, gare à la rétine !

En conclusion : de l’or en pixels

Vous l’avez bien compris il s’agit d’un mix entre timing, météo et un poil d’organisation pour obtenir des photos magiques dorées à l’aube ou au crépuscule. Il y a aussi le fait que la lumière change très rapidement, surtout si votre ciel est nuageux. L’hiver comme l’été, vous pouvez obtenir de superbes photos, mais je pense aussi à la brume automnale qui donne des aspects magnifiques aux photos. Il faut rester très attentif pour ne pas rater LA photo.

N’ayez pas peur non plus de la pluie ! Elle ne fait de mal à personne, nos boîtiers et objectifs sont conçus pour ce type d’aléas climatiques. On parle alors de tropicalisation, ce terme signifie que votre boitier peut photographier par tout temps, dans le sable, la poussière, les températures extrêmes (froid et chaud). Vérifiez quand même que votre constructeur a bien construit votre cher appareil photo « tout temps ».

Avant que je n’oublie, je vous donne aussi l’adresse d’un site bien pratique pour calculer les heures dorées et même les heures bleues (ces dernières feront l’objet d’un article de blog prochainement) en quelques clics. Indiquez votre ville ou votre prochain lieu de vacances, puis cliquez sur submit en bas à droite. Voilà vous avez toutes les heures mises à votre disposition pour faire de belles photos d’heures dorées. Je recommande aussi une application TPE, j’en parle dans le blog . Elle permet d’être là au bon moment.

Voilà j’espère que ce billet vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article. Je me ferai un plaisir de vous répondre si vous avez des questions.

Légende de photographe : le mode M ou comment rater (beaucoup) de photos !

Légende de photographe : et dieu créa le mode M

« La légende du mode M », combien de fois j’ai entendu dire : « si tu n’es pas en mode M sur ton boîtier dernier cri top niveau xx millions de pixel, tu n’es pas un vrai photographe ! »

En fait j’ai l’impression que dans la communauté de photographe en général, il est impératif de maîtriser absolument ce mode. Pourtant, il existe d’autres modes sur le boîtier (heureusement !). Cet article n’est pas un coup de gueule (ou presque !), mais une mise au point.

Je pense ça ne fera de mal à personne, surtout quand une technique ou un mode d’apprentissage de la photo peut frustrer les débutants car il nécessite un certain bagage technique et une bonne connaissance de son appareil photo pour pouvoir sortir des photos nettes à chaque déclenchement.

En gros, vous risquez une belle frustration de la photo avec le mode M pour finir par laisser votre magnifique boîtier au placard à la longue, par manque de résultat. Donc moi qui suis pro (oui des gens payent pour mes services), qui utilise (beaucoup) le mode A ou un autre mode, je deviens la « risée » des photographes…

C’est un classique ! Bref, laissons les gens aigris et probablement imbus de leur personne dans leur coin et parlons technique ! (Sinon dans la vraie vie je suis un mec sympa je vous rassure !)

Bonjour Manuel, ça va?

Mais d’abord qu’est-ce que le mode M ? Le mode M est un mode de prise de vue situé sur la molette de nos appareils photos.

M signifie Manuel ou si vous avez l’accent anglais Manual, (ou espagnol). En d’autres termes, en mode M on gère pas mal de choses en même temps sur le boîtier, c’est-à-dire la vitesse d’obturation, le diaphragme, les ISO.

Comment ça vous ne maitrisez pas le triangle d’exposition? Dans l’ordre, la vitesse du déclenchement, la quantité de lumière qui rentre dans le boîtier, et la sensibilité du capteur ISO.

Le mode M permet de gérer tous ces paramètres de façon indépendante. Et là, je ne parle pas de cadrage de composition de votre photo ! Autant vous dire que dans le feu de l’action, il arrive vite un problème de taille : vous n’êtes plus en phase avec l’action, Bambi au fond du jardin est déjà loin, mamie a eu le temps de laver les bêtises du petit dernier et vous vous avez de très grosses gouttes sur le front !

Soyons sérieux, la photo c’est du plaisir, le mot reflex ne vient pas de nulle part ? Vous faites quoi de la spontanéité ? Du quart de seconde, je cadre, je shoote ? Pourquoi se forcer à apprendre en mode M alors qu’il y a un truc tout bête, plus simple d’accessible ?

Le mode A comme Aperture

Quoi il existe un autre mode que le mode M pour faire de bonnes photos ? Non ! Je n’y crois pas ! Allez, je vous livre un secret, je shoote environ 90 % du temps en mode A.

Beaucoup plus spontané, ce mode est beaucoup plus simple à gérer également. Disons qu’on garde plus facilement le contrôle, les images deviennent « plus faciles ». Mais ça reste technique, attention !

Si la vitesse d’obturation n’est pas trop basse, la photo sera logiquement nette. Pour rappel : le chiffre de la focale que vous utilisez avec votre boitier correspond à la vitesse minimum à utiliser. Par exemple, pour un objectif 50mm, on utilise au minimum 1/50s de vitesse d’obturation. Afin d’obtenir des photos nettes à chaque coup, je double, voire triple ce chiffre pour avoir l’esprit tranquille.

Dans le mode A on ne gère plus que la quantité de lumière principalement. A signifie Aperture, ouverture en anglais pour nous autres français. En fait, c’est vous qui choisissez quelle quantité de lumière rentre dans le boîtier et le processeur de votre appareil photo calcule la vitesse nécessaire pour faire la photo.

Vous aurez aussi pris soin de régler les isos en conséquence. On peut aussi parler du mode S, priorité vitesse, où l’on règle une vitesse d’obturation et le boitier gère le diaphragme. J’ai lu que certains photographes animaliers utilisent cette technique avec les isos en auto, mais il s’agit d’une façon de travailler parmi d’autres.

Vous l’avez compris ce n’est pas aussi simple, maîtriser son matériel demande du temps, mais un bon photographe doit faire corps avec son boîtier. Le temps et la pratique sont essentiels, et Robert Capa disait « vos 10 000 premiers clichés seront vos pires ». C’est assez direct, mais il avait raison !

Les photographes doivent maitriser un certain bagage technique pour sortir les meilleures photos. Mode philosophe ON : l’appareil n’est qu’un outil pour figer notre vision de la scène ou du moment, mode philosophe OFF.

Ouverture

Sans vouloir vous embrouillez avec trop de termes techniques, le Mode A bénéficie d’un autre avantage : la maîtrise de la profondeur de champ. C’est la partie nette de l’image entre l’avant et l’arrière de votre sujet. Plus vous allez « fermer » (petit f) plus votre profondeur de champ est faible donc votre sujet parfaitement dans son fond. A l’inverse plus votre f sera grand, plus vous aurait une grande partie nette, comme en paysage où on utilise f8 ou f11 par exemple.

Oui, mais ça on le maîtrise aussi en mode M me direz-vous puisqu’on contrôle tout… Oui, mais pour le coup, en mode A on se concentre sur le diaphragme et la profondeur de champ que l’on souhaite. La vitesse elle est calculée par le boîtier, si la vitesse est trop faible on augmente un poil les iso et click !

De l’argentique à nos jours

L’ancienne génération

C’est bien beau Greg, mais je ne pige pas le rapport avec les anciennes générations de photographe ?

J’y viens ! Du temps de l’argentique, tout était manuel on n’avait pas le choix. Oui, même la mise au point. Or, de nos jours, les objectifs aussi possèdent un autofocus pour la mise au point qui a fait son apparition à la fin des années 70. Les photographes ont donc appris à tout faire en mode manuel pendant des décennies. Cette pratique photo est donc restée pendant longtemps puisque apprise de tous comme les bases de la photo (une sorte de dieu).

Ce n’est pas une mauvaise école, mais je pense que la technologie a bien évolué depuis 10/15 ans. Les boîtiers et les processeurs embarqués sont devenus extrêmement performants tandis que les photographes sont restés campés sur des positions d’un autre temps.

A l’époque, avant l’ère du numérique, l’argentique avait ses défauts et ses qualités. Le temps de développement des pellicules, et surtout leur coût, obligeaient les photographes à bien réfléchir à la façon dont ils allaient prendre une photo. J’accorde cette dernière à « l’ancienne génération », on prend dorénavant moins de temps à réfléchir à notre photo avant de déclencher, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Nouvelle génération

De nos jours les boîtiers comme le D750 de chez Nikon (mon boîtier à l’heure où j’écris ces quelques lignes) dispose, lorsque vous avez l’œil dans le viseur en mode M, d’une cellule en bas du viseur ou plutôt un curseur qui calcule si vous êtes surexposé ou sous-exposé.

Donc on « triche » si l’appareil nous dit tout, calcule pour nous en fait ? Oui, en quelque sorte, mais attention, seuls les boîtiers haut de gamme propose ce genre de service. C’est très pratique, mais pourquoi s’obstiner à continuer en mode manuel alors ? Par plaisir de bien exposer sa photo ?

Dans les faits, je règle les ISO en premier, l’ouverture du diaphragme et je tourne la molette qui gère la vitesse d’obturation jusqu’à voir le curseur arriver pile au milieu, je déclenche et je regarde mon histogramme pour voir si ma photo est correctement exposée ou pas !

Je recommence si ma photo est trop sombre ou trop claire, en baissant ou augmentant la vitesse d’obturation. Dans les faits ça prend un temps fou… juste pour une photo. Personnellement j’imagine mal travailler de la sorte en reportage de mariage. Ça, c’est pour les fondamentaux de la pratique photo en mode M.

Chacun a sa façon de bosser, je vous explique juste que la vieille école des argentiques full manuel est bien loin derrière nous ! Je vois d’ici la bronca générale des puristes venant me souffler dans les bronches.

Mais n’en déplaise à ces derniers, je garde ma spontanéité pour moi et les problèmes d’égo au placard. J’aimerais qu’on me dise dans les commentaires si vous avez de meilleurs photos en mode A ou en mode M, avec une argumentation, s’il vous plait !

Que faire alors quand on est débutant ?

Prendre du plaisir ! Par que oui c’est d’abord une passion pour l’image qui nous anime tous !

Il faut d’abord penser à se faire plaisir en photo. Je ne conseille pas le mode M aux débutants de la première heure, vous l’avez bien compris parce que vous allez rater beaucoup de photos.

Avant de bien comprendre, et surtout de bien maîtriser les fondamentaux, la composition et les fonctionnalités mises à votre disposition sur votre boîtier, essayez-vous donc au mode A, puis, dans un second temps, pourquoi pas vous diriger vers le mode M. Mais il va vous falloir de la pratique et de la patience.

Il y a un gap technique à franchir c’est vrai mais une fois derrière vous, vous verrez, les choses viendront d’elles-mêmes !

Conclusion

Cependant il y a une utilisation bien spécifique du mode M. Car, oui, dire ouvertement « le mode M c’est trop dur pour les débutants, vaut mieux être un photographe aguerri » (ou aigri ?) c’est bien, mais les constructeurs d’appareil photo ne le proposent pas pour rien sur leurs boîtiers quand même.

C’est dans le studio, couplé à l’utilisation du flash en général, que le mode M prend tout son sens. Sur les photos de scène aussi le mode manuel vous sauvera de situations quand la cellule sera complètement perdue. Dans ce contexte, on utilise uniquement le mode M parce qu’en studio photo la lumière est parfaitement maitrisée de A à Z.

J’ai essayé un shooting studio en mode A et c’est une catastrophe : la cellule de mon appareil photo est perdue.

Vous l’avez bien compris mon but ici n’est pas de vous embrouiller avec des termes trop techniques, mais de vous faire comprendre la mentalité de la profession et de ne pas écouter forcément les gens qui vous poussent vers ce mode sous prétexte qu’il fera de vous un meilleur photographe, je vous le redis : c’est faux.

J’ai démarré la photo en mode A et je le vis très bien. Je ne pense pas utiliser le mode manuel plus que ça car j’aime la spontanéité dans la photo et pour ce faire, le mode A me va très bien. Après tout, l’important c’est d’être à l’aise dans sa pratique photo, non ?

Voilà j’espère que ce billet vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article. Je me ferai un plaisir de vous répondre si vous avez des questions.

Le triangle d’exposition pour les nuls !

Le triangle d’exposition : 3 paramètres qui permettent d’exposer correctement vos photos. La base de la photographie, à maitriser absolument. Allez, lumière !

Le triangle d’exposition en photo

Ce triangle permet de comprendre facilement les interactions entre les réglages des iso, la vitesse d’obturation mais aussi l’ouverture. La lumière est le sujet majeur en photo, la qualité de l’image passe forcement par ces 3 principaux réglages sur votre appareil photo. Et l’exposition aussi !

Le triangle d’exposition permet de lier les paramètres entre eux et de comprendre leur influence les uns par rapport aux autres. Il y a évidement d’autres paramètres qui rentrent en compte dans la prise de vue, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Introduction

C’est LA base de la photo ! Première action de votre part : faites imprimer s’il vous plait ce schéma simple qu’il y a en haut de l’article en format A3, en gros, en gras et vous allez me le coller sur le frigo, sur le plafond de votre chambre, sur la porte du garage, dans votre bar favori et faire la même chose chez vos amis/famille/copain/copine ; c’est à connaitre par cœur.

C’est même le premier truc que vous devriez connaitre avant même d’avoir pris un appareil photo dans les mains. Ce sera votre bible/torah/coran de chevet au moins pour vos débuts.

Ce schéma permet de comprendre très simplement la corrélation entre ces 3 paramètres et leurs influences sur le résultat final d’une photo.

Si, pour une exposition donnée, vous modifiez un des paramètres comme la vitesse, vous devrez modifier soit les iso, soit l’ouverture pour avoir un bon rendu. Cela fonctionne dans n’importe quel ordre entre la vitesse, l’obturation et les ISO.

Le triangle d’exposition permet aussi de comprendre comment exposer correctement une photo.  Et, peut-être enfin, sortir du mode auto pour vous aventurer sur les modes créatifs de votre appareil.

Exemple d’une photo surexposée

La lumière

Inutile de dire que la lumière est l’élément que tout bon photographe essaie de maitriser bien avant de penser à composer une photo. C’est un sujet absolument majeur, sans lumière, pas de photo. Sans maitrise de la lumière, pas de belle image. Nous allons voir que chacun des 3 paramètres influent sur les deux autres et vice versa.

Mais d’abord qu’est-ce que l’exposition ?

L’exposition c’est le contrôle de la quantité de lumière pour une photo. C’est-à-dire le fait de faire venir sur le capteur la bonne quantité de lumière pour obtenir une photo correctement exposée, ni trop claire, ni trop sombre.

Si la quantité de lumière est trop forte, on dit que la photo est surexposée (ou trop claire), et, à l’inverse, si elle trop faible, on dit que la photo est sous-exposée (ou trop sombre). On mesure la quantité de lumière d’une photo en IL ou EV (indice de lumination ou Exposition value), à chaque fois que la quantité de lumière double on parle d’un IL en plus.

C’est une autre notion très importe car à chaque IL ou EV la quantité de lumière double, par exemple de ISO 100 à 200 sans toucher au reste. De la vitesse 1/125s à 1/250s nous avons donc +1IL. Pareil pour une ouverture du diaphragme de f/4 à f2,8 nous avons 1 IL en plus, on double alors la quantité de lumière qui arrive au capteur, etc.

Exemple d’une photo sous-exposée

Le 50mm : l’objectif ultime ?

Le 50mm est une focale de référence dans le photojournalisme et le reportage en général qui a longtemps été fourni d’office avec les boîtiers argentiques de l’époque. Mais c’est aussi mon objectif favori !

Objectif 50mm : présentation

Mais d’abord qu’est-ce qu’une focale ?

Pour rappel une focale ou plutôt le mot distance focale est exprimé en millimètre. C’est la distance entre un centre optique et un plan principal le capteur. Cette mesure permet de définir un angle de prise de vue suivant la taille du capteur, je vous la fais courte mais c’est un peu plus complexe que ça. Plus cette distance est grande, plus la focale est longue et donc l’angle fermé. Un objectif 24mm a un angle plus ouvert qu’un 50mm et ce dernier a un angle plus ouvert qu’un 85mm par exemple (avec la même taille de capteur). Evidemment, il faut mettre en rapport cet angle avec la taille du capteur.

50mm c’est fixe !

Le 50mm correspond, selon les dires de beaucoup de photographes, à l’angle de vue de l’œil humain. Dans les faits, et à mon sens, c’est un poil différent mais laissons les légendes tenir tête. C’est une focale standard en 24*36 (ou plein format), ni zoom, ni grand angle, ni longue focale mais, comme indiqué dans le titre, il est fixe ! C’est-à-dire que vous n’avez d’autre choix que d’avancer ou de reculer avec vos jambes. Cela vous oblige à sortir de votre zone de confort pour devenir un meilleur photographe, vous n’avez pas de zoom mais vous avez des jambes !

50mm un objectif (presque) normal

La plupart des grands noms de la photographie ont utilisé un 50mm, de Henri Cartier-Bresson à Doisneau ; beaucoup ont eu cette focale en fétiche. Les objectifs en 50mm sont généralement petits, légers, discrets, peu chers et surtout redoutablement efficaces. A l’image du 35mm ces focales ont depuis toujours fait partie des besaces des plus grands photographes de par leur légèreté, leur ouverture mais surtout leur poids. Longtemps les photographes n’ont pas eu de zoom, il n’y avait donc que des focales fixes disponibles. Le 50mm est un objectif « normal », ni grand angle, ni téléobjectif. Il permet de traiter tous les sujets du quotidien. Que ce soit en photo de rue ou des portraits pendant les années de la photo en argentique, le 50mm était un objectif vendu de base avec les boitiers.

Le 50mm dans l’histoire de la photographie

Le tout premier appareil photo sous la forme que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire un boîtier compact et facilement transportable utilisant des films 35mm de cinéma, date des années 1920. Il faut aller en Allemagne, du côté de Wetzlar, à la firme légendaire qu’est Leica. Le modèle Leica I était équipé d’un…50mm. Les photographes comme Robert Capa en raffolent. A l’époque, les focales sont comptées en centimètre, on note alors l’objectif f :3,5/5cm. Nous voilà donc avec le premier appareil photo « reflex » grand public équipé d’un 50mm. Je n’ai pas réussi à trouver les toutes premières traces « officielles » du 50mm mais une chose est sûre, il fait partie de l’histoire de la photographie. Dans l’histoire de la photo les zooms ne sont apparus que dans les années 60, ils étaient, à l’époque, chers et pas forcement de bonne qualité à en juger les témoignages que j’ai pu recueillir sur la toile. Donc les photographes n’ont pas eu d’autres choix que d’utiliser des focales fixes pendant des décennies.

Le 50mm dans la pratique photo

Personnellement si je devais en retenir qu’un seul dans tous mes objectifs, je pense que je choisirais le 50mm pour sa polyvalence poids/luminosité/encombrement/compacité. Je vous détaille ici ses avantages et inconvénients, mais pour ces derniers j’ai dû me creuser la tête !

Avantages

Premier avantage incontestable du 50mm de nos jours c’est son rapport qualité/prix : si vous regardez de près les gammes d’objectifs, que ce soit chez Nikon ou Canon l’objectif le moins cher est… le 50mm ! On le trouve pour moins de 200€, même moins de 100€ chez Canon. Bon, ok, pour 100€ l’objectif est fait de plastique mais quand même ! Seules les versions f/1,4 dites « pro » ont une construction beaucoup plus sérieuse, mais ce n’est pas le même budget. Sa légèreté et sa compacité (surtout les modèles f/1,8) en font un atout de poids. Il se fait toujours discret au fond du sac photo, il peut dépanner sur des portraits si le 85mm est resté à la maison. C’est simple en shooting ou en reportage de mariage je sors soit avec le couple 28mm 1,8G et 50mm 1,8G ou soit le couple 50mm f/1,8G et 85mm1,8G. Ce dernier est idéal pour les shootings de mode ou portrait mais vous voyez le 50mm n’est jamais très loin de mon boitier.

Il bénéficie aussi de performances bien supérieures à de nombreux zoom. On pourrait citer les problèmes liés au vignetage : en gros, le capteur de nos chers APN est carré et l’objectif est rond… On observe ce phénomène photographique par l’obscuration des angles d’une photo, surtout à pleine ouverture, là où le vignetage est le plus marqué. Là encore, le 50mm s’en sort bien mieux qu’un zoom grand public. Dans les avantages, on trouve aussi un allié précieux en photo, c’est le poids. Un 50mm pèse 185g chez Nikon : autant vous dire que c’est un poids plume idéal pour le reportage photo ou pour voyager léger. Il y a aussi le piqué, notion appliquée aux détails de l’image, très importante en photo. Les formules optiques approuvées depuis des décennies ont fait leur preuve, ce qui explique en partie son prix bas. Mais c’est surtout sa facilité de fabrication pour les constructeurs qui rend les coûts de production si bas. Le 50mm est très souvent bien placé parmi les tests en laboratoire d’objectifs, notamment chez DxOMark, très populaire sur les forums photo et surtout très pratique pour comparer les performances pures d’un objectif sur n’importe quel boitier et vice versa. Mais attention les tests DxOMark ne remplacent pas le terrain !

Ouverture

Un autre avantage du 50mm en photographie, c’est surtout son ouverture, vous savez la fameuse quantité de lumière qui rentre dans le boitier. Les 50mm f/1,8 sont très (très) lumineux, beaucoup plus qu’un 18-55 du kit de base monté sur beaucoup d’appareils photos grand public. Dans les faits cela représente environ 4 fois plus de luminosité ! C’est beaucoup et très appréciable dans les environs où l’on manque de lumière. Il permet de se passer du flash dans certains environnements. Par exemple, quand je suis dans une église pendant un reportage de mariage, la grande ouverte me permet de garder mon flash au fond de mon sac photo. Je ferais un article sur le flash qui, à mon sens, tue les couleurs et l’ambiance de la scène. Alors que l’ouverture f/1,8 sur les 50mm de base est fortement appréciable en reportage, les modèles pro eux ouvrent à F/1,4, même f/1,2 pour la série L de chez Canon (comptez 1700€, oui je sais ça pique !). Il faut en avoir vraiment l’utilité ou être un amateur/passionné enthousiaste pour s’offrir ce genre de cailloux.

Profondeur de champ

L’ouverture implique aussi un autre paramètre très intéressant, c’est la profondeur de champ. Cette donnée est en fait la zone de netteté de la photo. Avant et après cette partie c’est flou ! Donc avec cette grande ouverture, le 50mm f/1,8 est parfait pour faire des portraits avec de jolis flous d’arrière-plan : on parle alors de Bokeh. Comme je vous le disais plus haut (avec de jolis cailloux très onéreux) plus l’ouverture est grande, plus l’on détache le sujet de son contexte. C’est vous qui allez me dire « parfait ! », sauf que là arrivent d’autres problèmes que je vous explique dans le prochain paragraphe.

Inconvénients

En fait, j’ai beau chercher, le seul vrai grand défaut des 50mm c’est leur angle de champ parfois trop étriqué lorsqu’on entre dans une pièce. Mais ce n’est pas ce qu’on demande à un 50mm d’être capable de faire. C’est bien le seul inconvénient de ce genre d’objectif. Non pas que je fasse l’éloge de cet objectif, mais il est vraiment fabuleux ! Il y a aussi un autre problème « de riche », qui est un problème sans en être vraiment un, qui est lié à tous les objectifs à grande ouverture en général (f/1,4 et moins) : à pleine ouverture la profondeur de champ devient aussi épaisse que du papier à cigarette, le moindre écart de mise au point entraine une photo floue ou ratée. Heureusement pour nous, les constructeurs d’appareils photos ont conçu des réglages de précision de l’AF (Auto Focus) pour éviter ce genre de problème. Ce problème n’est pas spécifique au 50mm, mais à beaucoup d’objectifs à forte ouverture. Soyons honnête je cherche la petite bête, pour le reste le 50mm c’est vraiment que du bonheur !

Tout photographe se doit de maîtriser le 50mm?

Vaste question, mais ce n’est pas parce que vous allez acheter un 50mm que vous allez devenir un super photographe du jour au lendemain ! Désolé d’être très direct mais, même si les plus grands photographes du XIXème siècle ont eu cette focale dans leur besace, c’est vrai, comme je l’ai dit dans l’article sur comment sortir du mode auto, il va falloir shooter, shooter et encore shooter pour maîtriser cet objectif et en sortir toute sa quintessence ! Je ne suis pas en train de vous dire de foncer chez votre revendeur favori acquérir ce caillou, mais le 50mm ne laisse personne indifférent. Je trouve personnellement cette focale plutôt polyvalente pour faire du paysage ou de la photo de rue mais aussi des portraits ou encore des photos en famille. En portrait il ne déforme pas les visages, il laisse de la place au sujet quand le 24mm est trop large et que le 85mm « serre fort ». Polyvalent n’est pas un mot péjoratif pour qualifier quelque chose qui sait faire beaucoup de choses ! Mais faut-il posséder un 50mm absolument ?

Bien sûr que oui !

Avec une focale fixe on s’oblige à aller chercher le cadrage et à bouger autour du sujet. En fait, le principal atout des focales fixes c’est leur coté créatif, comme je l’ai déjà dit dans un autre article de blog c’est « tout bénef’ » pour la créativité, car on se centre sur le sujet. Si ça ne tenait qu’à moi, je n’utiliserais que le 50mm en reportage de mariage. Il est parfait pour être à côté des mariés pendant les cérémonies, mais aussi pour faire des photos de couple ou des portraits des invités. Il est appréciable dans beaucoup de situations du quotidien. On pourrait dire que c’est un objectif polyvalent, même si je n’aime pas trop ce mot il est pourtant valable pour le 50mm. Il trouve aussi idéalement sa place dans les « triplettes » 28/50/85 1,8G ou encore 24/50/85 1,4G (je parle en Nikoniste). Ces triplettes sont les compagnons idéals du photographe et permettent de couvrir environ 80% des besoins photographiques. Et, vous l’aurez deviné, le 50mm y a une place centrale.

Bien sûr que non !

Sans vouloir vous faire du rentre-dedans, posséder un 50mm ne fait pas de vous un meilleur photographe ! Je sais c’est assez brutal et presque impoli de ma part, mais le 50mm lorsqu’on débute en photo n’est pas forcément un choix judicieux car le fait d’avoir un seul angle de prise de vue et peu de recul dans les endroits confinés compliquent les choses. On pourrait aussi citer l’absence de stabilisation optique (qui permet de réduire les flous de bougé), mais en général elle est inutile pour ce genre d’objectif puisque les constructeurs de reflex considèrent que l’ouverture est assez grande tout en gardant de la légèreté, caractéristique des focales fixes.

Conclusion

Difficile de trouver des arguments contraires au 50mm tant les formules optiques ont fait leurs preuves dans le temps. C’est pour cette raison qu’on le retrouve à des prix défiants toute concurrence chez nos revendeurs photo favoris. Que ce soit en vacances, ou pour faire des photos de famille, le 50mm a sa place partout. Dans le photojournalisme il a même une place de choix à coté d’une autre focale légendaire comme le 35 mm… Ce dernier a été lui aussi décliné dans beaucoup de versions. J’aime le 50mm c’est un fait. Il fait partie de ma vie de photographe même si je pense que les versions f/1,4 voire f/1,2 (chez Canon) sont trop onéreuses à mon gout, surtout pour le peu de gain de lumière obtenu : pas sûr que l’effort financier demandé soit vraiment justifié. Je pense aussi aux versions légendaires de chez Leica, le bien nommé Noctilux 50mm f/0,95 asph en monture M, que l’on trouve à des prix astronomiques, mais la firme de Wetzlar et son travail d’artisan sont très appréciés par mes confrères photographes depuis des décennies. Comptez près de 8 000€ pour un exemplaire de cet objectif de légende. Les versions F/1,8 restent des must have de la photo à avoir au fond de son sac photo. Je serais ravi de savoir dans les commentaires si vous aussi vous utilisez cette focale.

Voilà j’espère que ce billet vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article. Je me ferai un plaisir de vous répondre si vous avez des questions.

La profondeur de champ, soyez créatif !

Introduction : qu’est-ce que la profondeur de champ ?

En photographie la profondeur de champ est la zone où votre sujet est net.

Nous allons voir à travers ce billet comment s’en servir au quotidien dans vos séances photo et surtout comment être original et créatif avec.

La mise au point

Pour la profondeur de champ tout commence par la mise au point, car, oui, vous avez envie que votre sujet soit net, pas vrai ?

Comme j’imagine que vous avez un appareil photo moderne, la mise au point se fait grâce à l’autofocus.

Mais il existe plusieurs façons de faire la mise au point je vous mets juste un rappel ici mais ce n’est pas tout à fait le sujet du jour.

  • Manuel : On tourne la bague sur l’objectif jusqu’à ce que le sujet soit net.
  • Automatique : L’appareil choisi lui-même où faire la mise au point (à bannir pour la suite du billet)
  • Sélective : On choisit un collimateur dans le viseur. (LE plus important !)
  • Dynamique : On choisit un collimateur on appuie à mi course et si le sujet bouge comme des oiseaux ou des sportifs l’appareil ajuste la mise au point.
  • Groupé : l’appareil groupe plusieurs collimateurs pour faire la mise au point.

La mise au point est très importante car c’est elle qui détermine quelle zone de l’image vous voulez nette. C’est elle qui va mettre en évidence le sujet par rapport à un arrière plan ou l’inverse ! Vous remarquerez que plus vous serez près du sujet plus votre zone de netteté ou profondeur de champ se raccourcira naturellement.

Attention à ne pas vous faire piéger ! Nos objectifs ont une distance minimale de mise au point, c’est à dire que si vous êtes vraiment trop près de votre sujet votre appareil ne pourra pas faire la mise au point. Autre point important, plus votre ouverture (par exemple f/1,4) sera grande sur votre objectif, plus la mise au point sera précise. Elle peut parfois créer de légers front focus ou back focus c’est à dire que la mise au point et trop devant ou trop derrière le sujet.

Les fabricants ont mis à votre disposition des micros réglages dans le menu de votre appareil, mais il vous faut une mire de calibrage pour déterminer si, oui ou non, la mise au point se fait au bon endroit, mais on s’éloigne du sujet.

Le rôle du diaphragme

La profondeur de champ est directement liée à l’utilisation du diaphragme et ce dernier détermine la quantité de lumière qui passe à travers l’objectif. Plus votre diaphragme sera ouvert (par exemple f/1,8), plus votre sujet sera détaché de son fond et vous aurez un arrière plan flou.

A l’inverse plus vous allez ouvrir votre diaphragme (comme f/16), plus votre profondeur de champ sera grande. C’est très utile en paysage pour avoir tous les plans de l’image parfaitement nets.

Pour maitriser au maximum cette donnée j’utilise personnellement le mode A ou priorité ouverture, tandis que certains utilisent le mode manuel pour une maitrise totale de l’exposition et de l’ouverture du diaphragme. Pour la créativité, la profondeur de champ est un de vos principaux alliés. Elle est en général 1/3 devant le sujet et 2/3 derrière le sujet. Nous verrons plus bas comment s’en servir dans différentes situations.

Et l’objectif dans tout ça ?

L’optique a quant à lui aussi un rôle très important. En effet, plus votre objectif sera grand angle (14mm par exemple), plus la profondeur de champ sera grande et par conséquent moins votre sujet se détachera facilement du contexte. Je parle à ouverture équivalente bien sûr ! A contrario plus votre focale sera grande (400 mm par exemple), plus votre sujet se détachera parfaitement du contexte.

C’est en partie dû à l’effet de compression : plus la longueur focale sera grande, plus vous aurez l’impression que l’arrière plan est proche. En fait votre œil perd la notion de distance dans l’image.

Flou d’arrière-plan ou bokeh

Nous avons donc vu les trois principaux facteurs de profondeur de champ à savoir la mise au point, le diaphragme et le choix de l’objectif.

Le flou d’arrière-plan, ou Bokeh, est la partie floutée de la photo. La qualité de votre image passe aussi par la qualité de votre bokeh, tout l’art de la créativité vient en partie de là. Le hic c’est qu’il est plus difficile à maitriser, dans le sens où c’est l’ouverture de votre objectif qui joue un rôle : plus votre objectif ouvrira en grand, plus vous aurez un bokeh marqué.

Je vous laisse faire des recherches sur les optiques ouvrant à f/1,2, qui, logiquement, détachent parfaitement le sujet. Votre fond se détache bien, mais quid de votre compte en banque ?

La qualité (ou « beauté », si vous préférez) du bokeh va aussi être liée au nombre de lamelles de votre objectif : plus vous aurez de lamelles de diaphragme, plus vous aurez de belles formes rondes et soyeuses en arrière-plan. A l’inverse, si vous avez peu de lamelles, votre arrière-plan sera constitué de tout un tas de formes à facette peu esthétiques. A proscrire donc. On peut donc dire que le nombre de lamelles influe sur le rendu final de l’arrière plan, on parle alors de bokeh crémeux, soyeux, etc.

Comment et quand se servir de la profondeur de champ ?

Maintenant que vous savez que plus la profondeur de champ est grande, plus le sujet est « noyé » dans son environnement, nous allons voir maintenant comment donner un sens différent à vos images.

Le jeu consiste à choisir votre sujet et faire jouer les zones nettes et floues. C’est parti !

Portrait

Pour le portrait on utilise forcément une profondeur de champ courte donc des « petits f » f/2,8 voire moins si votre objectif ouvre assez grand. Le piège c’est d’ouvrir trop grand et d’avoir une partie du visage nette et l’autre floue, surtout si vous êtes très proche de votre sujet. J’ai déjà eu le cas avec une modèle tournée d’un quart, un œil est net et l’autre non, car mon 85mm ouvre à 1,8.

Dans le cas du portrait on dit souvent que les longues focales mettent plus à l’aise votre modèle ou votre sujet. C’est vrai ! Il est tout à fait possible de faire des portraits au grand angle ! L’utilisation de longue focale sur les portraits est un vrai atout puisque votre œil va perdre les notions de distance du fond par rapport à votre sujet.

Paysages

La théorie de base nous pousse à ouvrir en grand le diaphragme pour avoir le maximum de champ parfaitement net (f/13 par exemple).

Il est possible de faire des photos de paysages avec une grande ouverture si vous avez un premier plan sympa et fort. Une belle accroche de premier plan est comme un rocher qui ressort d’un lac. C’est un excellent exercice, vous allez vous concentrer uniquement sur les détails et non sur des grands panoramas.

Pensez aussi à varier les focales, challengez-vous avec une sortie photo avec un seul objectif qui n’a rien à voir, par exemple un 70-200 ou autre. Le but ici est de faire ressortir les choses que vous n’avez pas l’habitude de photographier, vous serez ainsi obligé de sortir de votre zone de confort.

Les zones de transition

Je n’ai volontairement pas fait un paragraphe avec plus d’exemples de prise de vue sinon je vais finir par écrire un livre !

Les zones de transition sont les zones avant la partie nette ou après la partie nette de l’image. Elles sont très importantes car ce sont elles qui donnent un sens de lecture à votre image, elles rentrent aussi dans la composition.

On peut trouver de beaux exemples de l’utilisation des zones de transition. Autre point important dans la profondeur de champ : les différents plans nets et flous arrivent en se dégradant les uns les autres sans réelle saccade.

Le tilt shift

Vous avez déjà dû voir cet effet miniature ou maquette.

Cet effet est dû au fait d’avoir une faible profondeur de champ et un plan de netteté « pas droit ». Le sujet donne l’impression d’être minuscule. La subtilité c’est que, logiquement, le plan net de votre image est perpendiculaire par rapport à votre objectif. Mais que se passe-t-il si le plan de netteté s’incline ? Cet effet est créé généralement par un objectif à bascule. Vous avez dû en voir chez votre revendeur, les objectifs à bascule sont assez peu utilisés car très chers et assez longs à mettre en œuvre puisque le trépied est quasi obligatoire.

L’objectif à bascule permet de faire varier l’inclinaison des lentilles par rapport au capteur. Vous allez donc avoir des zones de netteté différentes entre la gauche et la droite de l’image. Les plans de netteté s’en trouvent logiquement modifiés, d’où cet effet miniature.

Les objectifs à bascule coutent très chers et permettent à la base de récupérer les lignes droites en photo d’architecture. C’est leur utilisation de base, mais il est possible d’obtenir ce type d’effet en post traitement sur Photoshop.

Profondeur de champ : quel matériel ?

Le matériel ne fait pas les photos, mais il va vous aider à faire de jolis bokeh. Je vous détaille les différents facteurs liant la profondeur de champ et le matériel.

Le filtre artistique

Pour faire des bokeh créatifs il existe d’autres solutions que d’investir dans des optiques très lumineuses et parfois chères.

Il existe des filtres à mettre devant votre objectif pour obtenir des effets d’arrière-plan avec des cœurs, des étoiles ou bien d’autres choses encore. Vous pouvez faire le test chez vous avec un simple bout de carton et un cutter pour les plus bricoleurs.

Simplifiez vos photos !

La profondeur de champ nous pousse à simplifier nos images, à mettre moins d’éléments dans nos photos pour que le sujet ressorte de la façon la plus naturelle et la plus douce possible. En vous exerçant vous verrez que vous mettrez moins d’éléments et que chaque élément de votre composition sera bien mieux mis en valeur.

On parle alors de sens de lecture et cela vous obligera à travailler vos compositions et pour le coup stimulera votre créativité. Vous avez sans doute déjà appris les bases de la composition avec par exemple la célèbre règle des tiers ou les nombres d’or. Mais la profondeur de champ rajoute une touche plus artistique une fois celle-ci parfaitement bien maitrisée, vous ne pourrez plus vous en passer !

Un certain investissement !

Pas forcément, mais il est vrai que les optiques à grande ouverture aident particulièrement bien pour obtenir de jolis bokeh. Les fabricants d’optique savent que les photographes sont particulièrement attentifs au rendu du bokeh. Et certaines optiques sont très appréciées pour ça !

Les objectifs

Dans les investissements malins pour travailler le bokeh, je pense au 50mm 1,8 qu’on trouve pour une centaine d’euros chez vos revendeurs préférés. Vous verrez aussi que les optiques de kit n’offrent pas de très grande possibilité sur les effets de profondeur de champ dû au fait que l’ouverture est souvent très limitée.

Les boitiers

Ensuite, concernant les boîtiers sur la gamme 24*36 ou plein format :

Ils ont évidement une profondeur de champ plus courte que la gamme de boitiers APS-C. C’est dû au fait qu’à ouverture équivalente, la profondeur de champ est plus courte à mesure que la taille du capteur augmente. Et, oui, le moyen format a une profondeur de champ encore plus courte (votre compte en banque sera lui aussi plus court … ndlr).

Investir dans un boitier n’est pas forcément nécessaire, mais c’est un ensemble optique et boitier qui va vous aider à bien détacher votre sujet de son contexte lors de la prise de vue.

Conclusion

Pour résumer cet article :

  • Plus j’ouvre le diaphragme, plus j’ai de profondeur de champ (petit f)
  • Plus mon capteur est grand, plus j’ai une profondeur de champ courte à disposition.
  • Plus la focale est grande, plus l’effet de compression « perd » les notions de distance et augmente donc l’impression de profondeur de champ.

Petit message aux puristes qui vont sans doute me dire que je ne parle pas de l’hyperfocale, ni du cercle de confusion dans cet article : je pense que les calculs, les formules mathématiques n’apportent pas grand chose à part de la confusion (surtout pour les débutants). Des exemples concrets sont mille fois plus parlants !

La technique de l’hyperfocale permet d’avoir la plus grande zone de netteté possible sur vos photos. Et, particulièrement, s’il s’agit de la distance à atteindre de manière à ce que tout ce qui se trouve derrière soit net jusqu’à l’infini.

Pour le cercle de confusion c’est une donnée qui est utile pour calculer la profondeur de champ. Ce sont des sujets tellement complexes qu’ils méritent un billet chacun !

Vous trouverez des sites capables de vous proposer un calculateur de profondeur de champ très utile.

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour être créatif avec la profondeur de champ, maintenant c’est à vous de jouer !

L’art de la photo en noir et blanc

Le noir et blanc est un sujet particulier en photographie entre recherche artistique, histoire et notions techniques… lumière en niveau de gris!

La simplicité, la force, l’élégance…

La photographie sans noir et blanc ou un photographe sans noir et blanc ça n’existe pas ! Et je dirais même que c’est une longue histoire d’amour ! Les plus jeunes ne le savent sans doute pas, mais avant la couleur, le noir et blanc était de mise !

Les photographes ont appris à photographier en noir et blanc/sépia en premier. Le Kodachrome, lui, date des années 1935 et 1936 pour Agfa.

En numérique certains boitiers permettent de photographier directement en noir et blanc. Certains ne font même que ça, je pense notamment au Leica M Monochrom. Oui, je sais, ça fait cher les noirs et blancs, mais quand on aime on ne compte pas !

A l’époque de l’argentique les photographes avaient le choix entre des pellicules noires et blanches ou des pellicules couleurs mais pas question de gâcher le prix des fournitures et du développement. Les photographes étaient obligés, en quelques sorte, de finir la « péloche ». Les temps ont bien changé vous me direz !

Dans les films noir et blanc célèbres que l’on retrouve maintenant sur les preset VSCO, on pourra notamment citer :  Kodak Tri-X , Kodak TMAX , Ilford HP5  , Fujifilm Neopan et tant d’autres !

Ces 3 mots qui résument parfaitement une photo en noir et blanc comme l’indique ce titre est un adage bien connu des photographes. Les photos en noir et blanc gomment les différences et « simplifient » la scène photographiée, ce qui revient à l’essentiel des éléments que composent une photo. Cet impact visuel est très différent sur une photo couleur.

Le noir et blanc rend aussi plus fort l’image (avec plus d’intensité), puisque la couleur amène, je trouve, une sorte de distraction de l’œil. Ce dernier est confronté à beaucoup d’informations sur les photos en couleur, ce qui n’est pas le cas en noir et blanc puisque l’absence de couleur simplifie l’image.

Le noir et blanc rajoute une touche de mystère et de « dark » ramenant aussi les clichés plus mystérieux, parfois même intrigants !

Tout photographe qui se respecte aime faire et créer des photos dans ces tonalités si particulières. (Niveau de gris pour les connaisseurs…). Certains photographes ne font même que des photos en noir et blanc, c’est selon les choix artistiques de chacun ! Le noir et blanc fige le temps comme si la photo était éternelle, c’est assez bizarre à écrire, mais je trouve personnellement que les noirs et blancs ont un petit je ne sais quoi que la couleur n’a pas. Très constructif vous me direz, mais le constat est sans appel.

La composition

En général la prise de vue commence en couleur sur nos boitiers numériques puis, dans un second temps sur un logiciel de post production, on décide (ou pas) de convertir l’image en niveau de gris.

Mais je pense qu’il est bon de composer et de penser l’image avant même de savoir quel type de traitement on souhaite lui appliquer. Pour imager ce concept, les photographes culinaires prennent d’abord un papier et un crayon pour définir quelle est l’image qu’ils souhaitent faire ! Même s’ils ne font que rarement du noir et blanc.

C’est une partie plus délicate que pour une photo couleur, avec les photos noirs et blancs les lignes se retrouvent beaucoup plus marquées et ressortent du coup beaucoup plus facilement de l’image. Vous devrez penser votre photo différemment, jouer avec les courbes et les mouvements, ce qui vous obligera à être plus attentif à la composition de votre image.

Sur les photos en noir et blanc, les rails de train fonctionnent très bien, tout comme les bâtiments en pierre, ou encore les ports qui sont naturellement contrastés. Vous pouvez utiliser aussi le cadre dans le cadre, les textures des rochers en bord de mer, etc. Autant de sujets qui fonctionnent très bien en noir et blanc !

C’est un challenge vraiment intéressant que de jouer avec les lignes, les ombres mais aussi sur le coté graphique avec les dégradés.

Noir et blanc vs couleur

Ce combat n’a pas lieu d’être puisque que ce sont deux mondes vraiment trop différents, avec des approches bien différentes. Le message, ou le signal, envoyé à vos spectateurs n’aura pas les mêmes conséquences.

Est-ce que c’est une technique photographique parmi tant d’autres ? Je ne pense pas ! Elle a un tel impact direct vis à vis de la photo que l’on pourrait comparer le réel (nos yeux voient en couleur ndlr) et le « côté obscur » si je puis dire.

Par exemple les temps orageux ou les photos à fort contraste se retrouvent bien plus forts en noir et blanc. Les détails aussi des images et les premiers plans se retrouvent bien mieux mis en valeur que sur une photo couleur. Faut-il encore rappeler ce qu’est le contraste : c’est la différence de luminosité entre les parties sombres et les parties claires d’une image donnée. Cette caractéristique est bien plus marquée en noir et blanc.

Mais alors, quand passer une photo en noir et blanc ? Très bonne question ! Je dirais lorsque qu’il y a des moments forts, des perspectives intéressantes. Je pense aussi à certains portraits, ou lorsque l’on insiste un peu sur les micros contrastes d’un célèbre logiciel de retouche. Lorsque vous avez un regard très marqué ou par exemple avec des taches de rousseur…. Le noir et blanc prend tout son sens!

Qu’est-ce que le noir et blanc au fond ?

Pour comprendre les effets du noir et du blanc sur une photo nous allons voir d’un point de vue plus scientifique la notion de couleur, de noir, de blanc. En soit, un sujet très intéressant pour qui s’intéresse à obtenir des photos noir et blanc ayant un impact plus intense.

Le noir

Par définition, le noir regroupe toutes les teintes les plus obscures : celles inférieures à 0,01 lux (unité de mesure d’éclairement lumineux); l‘homme ne voit pas de couleur dans ce cas-là !

Le noir a une autre faculté : celle d’absorber la lumière. Ainsi, = il ne reflète pas ou peu la lumière ambiante. Il est diamétralement opposé au blanc. Une expérience à faire consiste à porter un t-shirt noir en plein soleil l’été et le lendemain mettre un t-shirt blanc, vous allez sentir une très grande différence !

Quand on parle de noir, on pense aussi tragiquement à la mort ou au deuil (ambiance!). Quand on fait le lien avec la photographie, et pour le coup les photos en noir et blanc, le noir joue sont rôle « d’oppresseur » en rendant l’image plus complexe et à la fois plus « sombre » au sens littéral.

Le blanc

A l’opposé de la couleur et du noir, le blanc est une notion de forte luminosité dans sa version la plus pure sans dominante particulière. Mais attention le blanc n’est pas une couleur ! Lorsque l’on mélange toutes les couleurs primaires on obtient du blanc.

Dans la culture moderne le blanc est un symbole de pureté et symbolise le « vierge » ou l’immaculé. Le blanc est donc complètement à l’opposé du noir dans les consciences et même sur le papier. Voyons maintenant ce que donne ce mélange… détonnant!

Noir et blanc

C’est intéressant de voir que les images en noir et blanc sont faites de deux dominantes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre ! Dans la photo, la partie entre les deux « extrêmes » que sont le noir et le blanc, s’appelle le niveau de gris par rapport à la couleur. Vous n’avez que 256 nuances, du blanc le plus pur au noir le plus profond. Sur la couleur (en jpeg), vous avez sur les 3 couleurs primaire (rouge/vert/bleu pour faire simple) 256 niveaux pour chaque couleur…

Concrètement lorsque vous décidez de passer une image en noir et blanc, le logiciel décide d’un indice de luminosité pour les différentes couleurs et obtenir une image en noir et blanc !

En post-production

Je ne parlerais que du logiciel que je connais le mieux, c’est à dire Lightroom. Si vous ne connaissez pas ce logiciel de retouches photo, j’ai écrit des articles accessibles dans le blog.

Pour avoir des noirs et blancs profonds et vraiment intenses, je sous expose toujours légèrement mes photos en post prod, je rajoute aussi pas mal de contraste, je baisse les noirs et je monte la clarté. En dosant méticuleusement ces quelques réglages on obtient à coup sûr des noirs et blancs vraiment superbes.

Mais la prise de vue est importante aussi, j’ai remarqué que les contrejours fonctionnent moins bien sur le noir et blanc. Je ne dis pas qu’il ne faut pas en faire, mais l’intérêt de la lumière (les blancs) rend les noirs pour le coup plus profonds (ombre). Je serais curieux d’avoir votre avis dans les commentaires en dessous de ce billet.

Les clefs pour obtenir de beaux noirs et blancs

Il y a quelques secrets pour créer de beaux noirs et blancs que je vous résume ci-dessous.

Utiliser les ombres

C’est la base pour avoir des contrastes et de fortes tonalités dans le viseur de votre appareil photo ! Et les ombres ont un rôle central à jouer sur le rendu de vos noirs et blancs. Je dirais même que vous pouvez jouer avec pour composer votre photo!

Shooter RAW !

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore:  les Raw enregistrent beaucoup plus d’informations que les Jpeg, mais ils ne sont pas directement exploitables. Il faut les passer dans un de Derawtiseur ou logiciel de développement/retouche. Si vous ne voyez pas l’intérêt d’une telle action, vous pouvez consulter mon article dédié qui vous expliquera l’intérêt d’un logiciel de retouche photo.

Pour faire simple le Raw permet de corriger nombre des défauts d’une photo, comme l’exposition ou la balance des blancs !

Sur les photos en noir et blanc, l’intérêt du Raw est de pouvoir aller chercher des informations dans les ombres et les hautes lumières, comprenez les noirs et les blancs. Vous allez aussi pouvoir jouer sur l’exposition, sans risque de dégrader rapidement votre image. Une autre chose importante : les micros contrastes qui font bien mieux ressortir les détails de vos photos en noir et blanc en Raw qu’en Jpeg. Vous allez donc obtenir une plus grande latitude de travail en Raw qu’en Jpeg.

Utiliser le mauvais temps

La pluie, les tempêtes, les orages sont autant d’éléments intéressants qui peuvent jouer sur le rendu final de vos images. Sur les noirs et blancs c’est du contraste supplémentaire, je pense à des photos de Vivian Maier où elle utilise aussi le reflet des flaques d’eau en photo de rue et joue aussi sur les symétries.

Personnellement je ne suis pas un grand fan des ciels parfaitement bleus et clairs, l’image est à mon gout trop « plate ». Utiliser les temps nuageux amène des éléments de composition non négligeable.

Utiliser un premier plan fort

Oui je l’ai volontairement mis à part de la composition mais utiliser un premier plan fort, par exemple en photo de paysage en noir et blanc, rend la photo encore plus percutante pour vos spectateurs. Tout comme avoir un arrière plan fort pour amener encore plus de sens de lecture à vos images.

Soigner la composition

Utilisez les lignes de force et les perspectives, utilisez la règle des tiers, les nombres d’or, etc. pour donner plus d’impact à vos images, et choisissez des sujets à forte texture ou graphiques, notamment en architecture. Vous obtiendrez alors une belle palette de gris permettant de faire de magnifiques noirs et blancs. Pensez aussi au sens de lecture de vos images.

Un autre truc qui fonctionne très bien c’est de remplir le cadre ! Utilisez tout l’espace que vous avez dans le viseur pour obtenir des images pertinentes et fortes.

Portrait noir et blanc

Le noir et blanc fait ressortir les rides du front et donne une force incroyable aux portraits. Il n’y a pas de technique pour faire de beaux portraits en noir et blanc. Donc n’hésitez pas non plus à vous rapprocher de vos sujets. Vous pouvez pour cela utiliser des focales comme le 85mm qui ne gêne pas vos modèles que vous essayerez de photographier.

Paysages

Les paysages fonctionnent aussi très bien en noir et blanc, cela donne des effets surréalistes. Evidemment vous perdrez les belles couleurs de l’automne ou le magnifique orange du coucher de soleil mais c’est un parti-pris assez audacieux !

Si vous rajoutez à ça du mauvais temps, des nuages ou même mieux de la brume à vos compositions vous obtiendrez à coup sur des noirs et blancs « intenses » et très contrastés.

Si vous suivez ce blog j’ai aussi écrit un article sur les « golden hours » où j’explique qu’en se levant tôt et en restant le soir une heure avant le coucher du soleil vous obtiendrez aussi des noirs et blancs magnifiques !

Les grands maîtres du noir et blanc

Ils sont très nombreux pour tous les citer ici, mais en voici quelques uns dans leurs spécialités respectives. (J’aurais pu citer aussi Henri Cartier Bresson, Doisneau, Helmut Newton).

Adam Hansel

Dans les photographes célèbres pour leurs images en noir et blanc je citerais en premier Ansel Adam pour ses paysages de l’ouest américain (Yosemite notamment) qui sont absolument splendides. Hansel travaillait (paix à son âme) uniquement à la chambre photographique.

Sebastião Salgado

Un autre photographe spécialiste des noirs et blancs c’est Sebastiao Salgado, ce brésilien au crâne rasé ne fait que ça ! Je vous conseille son livre Genesis qui est un must have pour moi !

Lui utilise beaucoup les pellicules Tri-X  et Kodak TMAX qui ont un grain si particulier sur les clichés de Salgado.

Lee Jeffries

Lee Jeffries est un anglais d’abord photographe de sport avant de devenir portraitiste de renommée mondiale à travers les collections Yellowkorner.

Dans le domaine des portraits en noir et blanc, Lee Jeffries est une pointure dans ce style. Il ne crée que des portraits serrés, souvent au format carré, de SDF ou de sans-abris.

Jeffries utilise un Nikon D810 pour la définition et des objectifs grand angle comme le 24mm 1,4 Nikon pour être très près de son sujet. Son processus se termine sur Photoshop évidemment.

Laurent Baheux

Laurent est un photographe animalier Français, lui aussi spécialisé dans le noir et blanc, grand amateur de l’Afrique et son environnement si particulier. Il partage volontiers ses clichés d’animaux sauvages au profit d’associations ou de fondations. Laurent utilise du matériel Nikon comme le 600 f4 ou le Nikon 300 mm et des Nikon D4  .

Conclusion

Mon article est beaucoup trop long ! Sérieusement, le noir et blanc est pour moi aussi une passion, je pense que vous savez pas mal de chose sur le sujet désormais ! Je vais faire cette conclusion courte et brève. L’expérience et surtout votre expérience de photographe fera, j’en suis sûr, le reste pour obtenir de vrais beaux noirs et blancs !

Filtres photo : choix et utilisations

Vous ne savez pas choisir ou comment utiliser des filtres en photos ? Vous trouverez votre bonheur dans cet article !

Qu’est-ce que les filtres en photo ?

Les filtres photos sont des accessoires de photographie qui viennent se visser devant l’objectif pour donner un effet particulier au rendu final de la photo. Ils sont utiles dans certaines situations car le post traitement ne permet pas de créer certains effets sur les photos.

Il est important de préciser que tous les objectifs possèdent un petit pas de vis qui permet d’adapter un filtre photo. Ce pas de vis correspond à un diamètre de filtre en fonction de la taille de l’objectif, par exemple sur un 50mm 1,8G le diamètre est de 58mm. Vous ne pourrez donc visser que des filtres de 58mm.

Pour savoir quel diamètre s’adapte à votre objectif (car, oui, la taille d’un filtre varie énormément d’un objectif à l’autre), suivant si vous avez un zoom ou une focale fixe, vous trouverez sa taille indiquée sur l’objectif, la plupart du temps sous ce dernier. Par exemple, sur les Nikon, le diamètre est indiqué à l’intérieur du bouchon de protection de l’objectif.

Le prix d’un filtre sera en conséquence crescendo avec la taille de l’objectif : plus le filtre est gros, plus son prix est élevé.

Filtre photo : du temps de l’argentique

Pour comprendre l’utilité des filtres en photos il faut revenir au temps de l’argentique, lorsque les photographes n’avaient pas Lightroom ou Photoshop pour retoucher leurs photos en post traitement. Tous les « effets » étaient alors faits à la prise de vue, chose qu’on fait moins de nos jours, numérique oblige.

Depuis, les logiciels de post traitement ont rendu l’utilisation de certains filtres obsolète pour une grande partie d’entre eux, rendant ainsi le travail du photographe bien plus souple ! Je ne vais pas tous les passer en revue ici ils sont beaucoup trop nombreux et cela n’apporte pas grand-chose en plus à notre explication.

Les philtres photo utiles en numérique

De nos jours l’utilisation des filtres en photos est bien plus simple.

Il reste encore quelques types de filtres utiles aux photographes, en voici la liste des principaux et surtout dans quelle situation les utiliser.

Filtre protection

Comme son nom l’indique ce filtre est utile pour protéger la lentille frontale de votre objectif sans pour autant apporter d’effet en particulier.

Il faut savoir que si par malheur votre boitier tombe sur l’objectif en premier et que la lentille frontale se casse, votre objectif est bon à jeter. Le filtre de protection est également utile pour protéger des embruns de la mer ou des tempêtes de sable qui risquent d’endommager votre objectif.

Ce filtre, qui coûte quelques euros, permet de palier à ces problèmes. Il sera en première ligne et sauvera votre objectif en cas de besoin. Il est aussi très pratique en voyage ou en reportage, car n’aurez pas à remettre systématiquement le bouchon de votre objectif. Il faut savoir que les lentilles frontales n’aiment ni les traces de doigt, encore moins agrémentées de crème solaire (bien grasse!) l’été, ni un nettoyage trop fréquent. Avec ce filtre, vous serez donc prêt à dégainer votre appareil photo à tout moment.

Si vous êtes en studio, ce filtre est parfaitement inutile à moins d’être paranoïaque. Dans les inconvénients relatifs à ce filtre, certains lui reprocheraient de faire perdre en piqué (netteté de l’image) car les formules optiques de nos objectifs ne sont pas faites pour recevoir une surface air/verre supplémentaire.

Je n’ai jamais fait de test en profondeur de ce filtre photo mais je n’ai pas remarqué de baisse de piqué particulière. Ceci dit le pare soleil fait très bien le job en protection d’objectif donc il n’est donc pas vraiment utile d’investir dans un filtre de protection.

Filtres UV

Le filtre photo ultraviolet (ou filtre UV) permet de filtrer les ondes électromagnétiques et permet surtout de bloquer les ondes ultraviolettes en suivant exactement le même principe que la crème solaire pour la peau.

Dans la pratique de la photo ce filtre photo estinutile ! En effet, de nos jours, la grande majorité des objectifs sont traités contre les UV, mis à part de rares exceptions comme la réduction des effets du voile atmosphérique en photo de paysage. Le reste du temps ce filtre fait double emploi et c’est même pire puisqu’il augmente les risques de Flare, soit une perte de qualité d’image. En définitive, plus d’inconvénients que d’avantages pour ce filtre photo!

Et si on parlait de filtre enfin utile dans la pratique ?

Filtre ND ou densité neutre

Ce filtre est fait pour créer un style de photo appelé dans le jargon technique du photographe « pose longue ». C’est un style de photo qu’il est impossible de produire en post traitement sur Photoshop ou sur Lightroom. Il permet ainsi d’aller plus loin que les photos classiques. Ce filtre demande des connaissances en expositions (cf. triangle exposition).

Il s’utilise uniquement avec un trépied car il sert à assombrir l’image c’est à dire que lorsque vous avez ce filtre photo vissé sur votre objectif, vous perdez de la vitesse d’obturation instamment!

Le filtre photo de densité neutre (ou filtre ND) a un indice suivant la quantité de lumière qui est filtrée. La gamme de filtre ND est composé comme suit: ND 2, ND 4, ND 8, ND 16, ND 32, ND64, ND 100, ND 200, ND 400, ND 1000. A chaque valeur indiquée le temps d’obturation est divisé par deux.

Oui mais Grégoire j’entends partout sur les forums ou dans mon club photo qu’il faut des objectifs super lumineux très chers pour faire de supers photos, et là tu me dis qu’il faut acheter un filtre pour rendre l’image plus sombre ! Pas de panique ! Je m’explique : vous vous souvenez du triangle d’exposition ? (voir l’article dédié si ce n’est pas déjà fait)

Le fait de réduire la vitesse sans toucher au diaphragme permet de réduire la vitesse sans surexposer l’image. Donc si vous êtes en bord de mer en plein été avec de magnifiques rochers comme premier plan, ce filtre va vous servir pour donner un superbe effet dynamique à vos images.

En règle générale les filtres ND ne sortent pas souvent du sac juste pour obtenir cette effet fumé sur l’eau ou les cascades. On utilise surtout les filtres ND 400 et ND 1000 qui permettent d’avoir des temps de pose de 30 secondes, voire beaucoup plus ! J’aime bien aussi utiliser le filtre ND 8 qui permet d’ouvrir le diaphragme en grand sur les photos en contre jour sans avoir l’obturateur coincé à 1/4000s ou 1/8000s.Je m’en sers pour mes séances de portraits notamment, ou sur les séances de couple pendant les mariages.

Filtre ND variable

Il s’agit du même filtre que le précédent à la différence que vous pouvez faire varier la valeur d’assombrissement du filtre en tournant la bague plus ou moins fortement.

C’est un filtre polyvalent, peut-être trop. Attention toutefois à la qualité du rendu : je ne suis pas fan de tout ce qui peut être trop polyvalent car j’ai toujours en tête l’image de la voiture amphibie qui n’est ni un bon bateau ni une bonne voiture… À bon entendeur ! Mais dans certains cas, ce filtre peut dépanner. Je vous conseille aussi de vous méfier si vous partez en voyage uniquement avec ce filtre et que vous le perdez en route ou que vous le cassez : il serait dommage de ne pas avoir de solutions de rechange dans le sac photo.

Filtre dégradé de gris

Toujours dans l’idée d’assombrir l’image, les filtres dégradés permettent quant à eux d’assombrir une partie de l’image, en général la partie haute du ciel qui est souvent surexposée (ciel cramé ndlr)

Cela permet de ne pas cramer le ciel quand on fait des photos de couché de soleil par exemple. On les utilise en combinaison avec des filtres ND pour ne pas cramer les ciels pendant les poses longues notamment.

Filtres polarisants

Les filtres polarisants permettent de réduire les reflets en règle générale : aussi bien des reflets dans les cours d’eau aux surfaces type aluminium ou à forte réverbération comme les vitres par exemple.

Ce filtre photo est constitué de deux bagues : la première reste vissée sur l’objectif et la seconde tourne pour diminuer ou augmenter l’effet désiré (c’est visible dans l’oeilleton). Cela demande un peu de pratique pour maitriser cet effet. Vous bénéficierez pour le coup d’un léger temps supplémentaire avant de déclencher mais rien de méchant.

Ce filtre fait perdre aussi entre 1 et 2 IL de luminosité. Pour rappel, à chaque IL perdu on a deux fois moins de lumière disponible. C’est un filtre photo très intéressant car c’est un effet que l’on ne peut pas reproduire en post traitement.

Filtre infra rouge

Voila un filtre photo pour les créatifs!

Pour synthétiser les filtres photos infrarouges sans vous perdre dans des données scientifiques très techniques :

  • Il faut comprendre que les capteurs numériques ont des capacités à enregistrer bien plus d’informations que l’œil humain, ou, si vous préférez, un spectre beaucoup plus large de couleurs invisible à l’œil nu.
  • Les filtres infrarouges donnent une autre interprétation des couleurs d’une image. Les constructeurs ont donc dû mettre un filtre infrarouge proche du capteur pour pouvoir contrôler ces données justement.
  • C’est également un effet difficile à obtenir en post traitement même si Lightroom ou Photoshop qui « en ont sous le champignon » ne peuvent pas égaler le rendu des filtres « physiques » de photo infrarouge.
  • La valeur standard de R720 manomètres permet d’atténuer une grande partie de la longueur d’onde de la lumière.

L’adaptateur du filtre photo

Comment je le disais plus haut, la taille des filtres photo est liée à la taille du pas de vis de l’objectif.

Le problème c’est que, souvent, les photographes n’ont pas qu’un seul objectif et, suivant les situations, il n’est pas rare de devoir acheter deux mêmes filtres identiques pour deux objectifs différents.

Pour nous aider, les constructeurs de filtre photo ont créé une gamme d’adaptateurs de diamètre tels que 52/58mm ou encore 62-67mm. On les appelle aussi « bagues d’adaptation ».

La bonnette macro

Ou comment faire la photo macro pour pas cher !

Ce filtre est une sorte de loupe que l’on vient visser sur l’objectif. Pour rappel la photographie macro c’est le fameux rapport 1:1, c’est à dire qu’un centimètre réel = un centimètre sur la photo.

L’avantage de la bonnette macro c’est qu’elle se visse en quelques secondes alors qu’en temps normal c’est un objectif à changer. L’inconvénient c’est que si vous photographiez de plus loin il faudra l’enlever. L’autre inconvénient de la bonnette macro c’est qu’elle augmente le vignetage et qu’on perd aussi en qualité optique.

Bref ça dépanne bien mais rien ne vaut un véritable objectif macro !

Le cumul des filtres

Les filtres photos se vissent les uns sur les autres à l’infini!

Vous pouvez donc cumuler des filtres ND et des filtres polarisants mais attention de ne pas faire n’importe quoi, je ne le recommande pas du tout, ce dernier combo c’est un exemple !

Même si cumuler un filtre Nd avec filtre gris dégradé a du sens, d’autres combinaisons peuvent avoir un impact négatif sur le rendu final de vos images et vous risquez tout simplement de perdre en qualité photo. Méfiance donc !

Solution pour lentille frontale bombée

C’est un cas un peu à part, c’est à dire que par exemple le samyang 14mm ou le Nikon 14-24mm et les grands angles en règle générale, ont des lentilles frontales bombées donc impossible de visser un filtre classique dessus.

La solution vient du système de porte filtre de la marque Lee qui permet de résoudre ce problème et celui de votre compte en banque au passage.

Les marques que je recommande

Les filtres photos bas de gamme ne rendent pas justice à votre ensemble boitier/objectif car la qualité n’est pas au RDV et vos photos finales risquent d’en pâtir. Je vous conseille donc de choisir méticuleusement vos filtres afin d’avoir le meilleur rendu possible.

Les marques Hoya, B+W ou Lee font parties des meilleurs fournisseurs de filtre photo. N’hésitez pas à mettre le prix sur vos filtres photo vous ne le regretterez pas !

Conclusion

Je vous ai présenté l’essentiel des filtres utiles en photographie en évitant soigneusement ceux qui ne sont pas franchement intéressants! Pour d’autres traitements, le post traitement jouera sur les effets qu’on recherche dans l’image comme les filtres dégradés (filtre dégradé dans Lightroom, par exemple).

Voilà j’espère que ce billet vous a plu, n’hésitez pas à partager et commenter cet article. Je me ferai un plaisir de vous répondre si vous avez des questions.

Apprendre Lightroom : le logiciel de retouche photo (partie 1)

Lightroom est un logiciel professionnel de développement photo. Voici par où commencer votre apprentissage du plus célèbre logiciel retouche photo.

Lightroom : présentation

D’abord je pense qu’il est judicieux de rappeler à ceux vivant dans une grotte ou en autarcie que de nos jours TOUTES les photos que vous voyez dans les magazines ou sur le web sont passées par un logiciel de retouche comme Lightroom. Les logiciels de retouche font partie intégrante du processus de travail du photographe sans quoi les photos ne seraient pas aussi belles, punchy, classes, superbes (rayez les mentions inutiles). J’ai d’ailleurs écrit un autre article sur le sujet que vous pouvez lire ici. Ce qui est réellement dingue avec ce logiciel de retouche c’est qu’en quelques secondes (oui pas plus!) on importe dans le catalogue, puis en quelques clics, 3 curseurs plus loin ou « tweaks » pour les anglophones, votre image a radicalement changé ! Elle est prête à l’emploi mais…

Lightroom offre de nombreuses possibilités en termes de retouches et de traitements en post-prod

Pourquoi Lightroom?

Mis à part Lightroom, nos chers fabricants d’appareil photo numérique nous fournissent bien des logiciels style capture Nx pour les Nikonistes. Mais les fonctionnalités ne sont pas aussi poussées que sur Lightroom. Je pense aussi à l’interface qui n’est pas aussi intuitive que Lightroom et sa notion de workflow mais on en parlera plus bas. D’ailleurs, par je ne sais quel miracle, Lightroom est devenu une référence pour les photographes.

Enfin si je sais, c’est en fait parce que chez le même éditeur vous avez aussi son grand frère Photoshop et vu l’explosion de la photo numérique au milieu des années 2000, il est logique qu’Adobe sorte un software pour photographe (Lightroom est sorti en 2007). Les ingénieurs de chez Adobe ont décidé de décliner le plus célèbre logiciel de retouche du monde en un software bien plus adapté pour les photographes professionnels.

C’est par sa facilité de travail, son ergonomie et le fait qu’il intègre plusieurs outils (modules) très pratiques comme la bibliothèque (avec des systèmes de filtres, des tags de couleurs et un système d’étoile) qu’il permet de retrouver facilement nos photos. Mais c’est surtout dans le module développement que la magie opère avec juste ce qu’il faut pour faire les choses bien. Il y a beaucoup de panel très bien faits tels qu’un éditeur de livre, une map de geotagging, un panel pour l’impression de photo etc. Et enfin, cerise sur le gâteau du photographe : le workflow !

Le workflow dans Lightroom

Ah le workflow ! C’est LA notion la plus importante que vous aurez à apprendre dans cet article. Si vous retenez juste ce concept vous aurez compris le fondement de l’existence de Lightroom. C’est aussi la grosse différence avec photoshop. Ce dernier est fait pour retoucher une seule image en profondeur. Lightroom a moins d’outils que Photoshop mais permet de gérer une grande quantité de photos en même temps. Revenons à nos moutons.

Le workflow c’est la phase de travail (photo) entre le moment où vous rentrez de shooting et le moment où vous rendez vos photos à votre client (ou la famille/amis). Workflow signifie en anglais « flux de travail » . En gros, ce sont vos habitudes de travail de photographe et elles sont propres à chacun. C’est une étape très importante, car un bon  workflow permet de gagner du temps sur la post production, de passer moins de temps derrière l’ordinateur et plus à ses occupations favorites. Qui a dit la photo ?

J’inclus évidement le fait de classer ses photos pour pouvoir les retrouver facilement mais aussi l’efficacité à rendre un travail rapidement et de très grande qualité à d’éventuels clients. Je ne vais pas vous faire un dessin, mais le photographe est une entreprise donc le temps c’est de l’argent ! C’est ici qu’arrive à point nommé Lightroom.

Les premières étapes de la retouche photo

Maintenant que les présentations sont finies, il est bon de savoir comment procéder pour retoucher ses photos dans Lightroom. Ce sont des étapes essentielles pour avoir un Workflow rapide et efficace. Ne les négligez pas c’est très important, vous verrez que la notion de processus et du coup de Workflow va vous faire gagner un temps considérable. C’est surtout cette organisation « clean » qui vous permettra de retrouver facilement vos photos peut-être dans quelques années ou quelques mois. Vous pouvez me remercier dans les commentaires! (je rigole)

Mettre les cartes SD dans le lecteur

Avant de vous lancer dans la retouche photo, il faudra au préalable préparer vos cartes SD et autres supports de stockage !

Ça parait simple mais le worflow commence par là ! Par exemple quand je rentre d’un mariage où j’ai fait entre 1500 et 2000 photos dans la journée j’ai plusieurs cartes mémoire à gérer. J’en ai deux dans chaque boitier (oui je shoote à deux boitiers) ce qui fait 4 cartes mémoire en permanence, sachant que je change de carte mémoire en cours de route bien souvent. Avec autant de cartes mémoire, comment faire pour ne pas s’emmêler les pinceaux ? Vous allez me dire : ça y est je suis perdu, comment faire pour m’y retrouver ?

Le Workflow commence presque dès la prise de vue, j’ai un porte-cartes spécial avec un rangement de mes cartes bien précis. Quand je rentre à la maison, mon astuce pour gérer les cartes SD c’est de les mettre à l’endroit sur mon bureau juste devant moi quand elles ne sont pas vidées et à l’envers quand je les ai mises dans le dossier. Je ne sais pas si c’est bien clair mais vous devez impérativement avoir des repères pour ne pas vous perdre.

Pour faire simple, le but est d’avoir toutes les photos dans le même dossier. Quand je vous parle du workflow, il est important d’avoir un rituel bien spécifique pour être sûr d’avoir toutes les photos au même endroit et surtout de ne pas perdre de potentiel photo. Les cartes SD ou Compact flash sont très faciles à perdre. Prendre un maximum de sécurité pour les fichiers est pour moi primordial. limite parano je vous l’accorde!

La bibliothèque Lightroom

C’est le premier module auquel vous allez être confronté et c’est sans doute l’endroit avec le module développement où vous allez passer le plus de temps dans ce logiciel de retouche.

Avant même d’importer directement vos premières photos, commençons par quelque chose de très important : l’arborescence. Quand je parle d’arborescence, c’est le classement de vos fichiers les uns par rapport aux autres. Vous devez choisir le type de classement qui vous correspond le mieux : chronologique ou par type de séance… peu importe l’important c’est de ne pas changer en permanence. Il est très important d’avoir TOUJOURS le même rituel sur les noms de fichiers, la date, de la séance photo, etc. Personnellement je classe mes photos d’abord par année civile, puis par mois et enfin par jour, et vient ensuite le numéro de la séance.

Sur ce dernier point, pas la peine d’en écrire des tonnes, quelques mots simples suffisent. C’est très important aussi pour l’avenir car ça sera beaucoup plus facile de retrouver une ancienne séance photo avec un classement propre et logique.

Pourquoi mettre l’année puis le mois, le jour et enfin l’intitulé de la séance ? Tout simplement car l’ordinateur classe les fichiers par ordre chronologique, de gauche à droite, ce qui donne « 2016 – 09 – 10 – nom de la séance« . Si le fichier s’appelle « 10 – 09 – 2016 – séance« , il risque d’être entre « 11 – 02 – 2016 » et « 12 – 06- 2016 », par exemple. Pour moi, ce n’est pas assez chronologique ! Il classe d‘abord les jours ensuite les mois…

Pour travailler efficacement vos photos, il faudra mettre en place un workflow optimisé

Le catalogue Lightroom

Quand vous allez ouvrir Lightroom pour la première fois, le logiciel va vous demander quel nom de catalogue vous voulez choisir. Pas de panique ! Le catalogue Lightroom est une autre notion très importante de Lightroom puisque le catalogue est une base de données où chacune de vos photos est stockée « en virtuel » avec la référence du fichier source, les indications sur la façon dont vous avez traité vos photos et les métadonnées avec les repères ou les étoiles par exemple.

Lightroom est NON destructeur des fichiers originaux, il crée une copie virtuelle ou un aperçu pour que vous puissiez travailler dessus. Le catalogue Lightroom porte l’extension .lrcat et si vous supprimez ce fichier toutes les données liées aux retouches de vos photos seront perdues… Lightroom ne touche jamais au fichier d’origine. Il fait une base de données où vous avez l’aperçu de toutes vos photos (le catalogue), d’où l’intérêt d’avoir un endroit fixe où sont stockées vos photos (les vrais fichiers).

Je préconise un disque dur externe avec les mêmes fichiers sauvegardés sur deux ou trois autres disques durs différents, histoire d’avoir plusieurs copies des fichiers originaux. Vu le prix des disques durs externes de nos jours il n’y a pas de raison de se priver. Vous en utiliserez un seul pour le catalogue mais les autres seront en backup en cas de perte, de vol ou autre. Pour plus de compacité, vous pouvez opter pour un SSD externe.

Lightroom se base sur un fichier source. Si par exemple vous déplacez votre ficher source dans un autre dossier, Lightroom en perd la trace… C’est assez fastidieux de devoir relier le fichier source avec les copies virtuelles. D’où l’intérêt de réfléchir à la façon dont vous allez classer vos photos pour avoir en permanence l’ensemble de vos photos dans la bibliothèque Lightroom (puisqu’elle reste en permanence là dans le module bibliothèque). Il est possible de faire plusieurs catalogue Lightroom mais je vous conseille d’en avoir un seul et unique. C’est beaucoup plus facile pour travailler, vous vous y retrouverez plus facilement aussi à la longue.

Mais vous allez me dire quelle est la différence avec un explorateur de fichier?

La première, et pas des moindres, avec la copie virtuelle, Lightroom ne touche JAMAIS le fichier source et l’autre gros point fort c’est que votre catalogue est disponible sur l’application mobile tablette ou via le Cloud… c’est pas beau la technologie ? Le fichier .lrcat est un simple fichier que l’on peut ouvrir d’un mac ou d’un pc sans aucun problème. Si vous avez plusieurs postes de travail, il suffit d’avoir toutes vos photos sur un disque externe et le catalogue sur le même périphérique. Et le tour est joué !

L’import dans Lightroom

A ce moment la dans Lightroom vous avez mis toutes vos photos dans un dossier. Vous lancez Lightroom et sur la partie droite de l’écran apparaîtra un panel avec un onglet gestion des fichiers.

Quelques détails à savoir sur cette étape : lors de la création des fameux aperçus (les copies virtuelles de fichiers), je vous conseille de prendre la version standard au lieu de la version 1:1. La version standard prend moins de temps même si l’import est un processus long ! Vous avez aussi la possibilité de coller des presets directement à votre import pour gagner du temps sur la post production. Les aperçus dynamiques eux sont prévus pour accéder aux photos en mode « offline ».

Voilà, maintenant vous pouvez vous préparer un thé, jouer avec vos enfants ou encore lire un livre, le temps de chargement est très long…

A quel moment retouche-t-on les photos ?

La retouche pure et dure sera bientôt un jeu d’enfant 😉

Patience

J’y arrive mais ce module fera l’objet d’un article de blog en entier tellement il y a de choses à dire.

Comprendre les bases de Lightroom me semble être essentiel pour commencer à retoucher sereinement vos photos. Allez, encore un dernier paragraphe et je vous laisse tranquille pour aujourd’hui.

Les filtres de la bibliothèque de Lightroom

A ce moment précis vous avez donc importé tout le dossier de la dernière session photo et vous êtes sur le module bibliothèque. Mais avant de passer sur le module de développement photo de Lightroom, je vais vous expliquer les systèmes de filtre du logiciel.

C’est un outil, ou plutôt des outils, très pratiques qui permettent de tagger les photos à l’aide d’une étoile ou d’une couleur afin de les retrouver facilement quand on a une grande série de photos et que l’on veut juste une sélection des meilleures photos par exemple. C’est très utile pour retrouver la ou les photos en question.

En conclusion

Ceci est une première introduction de Lightroom pour les débutants qui aborde donc l’importation et un bout du module Bibliothèque d’un des plus célèbres logiciels de retouche. Je vous parlerai du module développement dans un prochain article de blog. On y abordera aussi les presets, le recadrage, etc..

Il y a beaucoup de choses à dire sur les panels de ce module qui seront abordées spécifiquement dans mes articles dédiés à Lightroom (ils seront nombreux afin que vous puissiez apprendre à retoucher vos photos comme des pros).

Sans prétention de ma part, je prends du plaisir à partager mes techniques de retouches et astuces pour votre plus grand plaisir. Si vous aussi vous avez des suggestions de choses que j’ai oubliées, les commentaires en dessous de l’article sont faits pour vous.

Comment choisir son photographe de mariage ?

Où chercher ?

Evidemment le « Google is your friend » est un grand classique (et fonctionne aussi ici) et sera donc votre premier réflexe en toute logique. Visitez un maximum de sites, regardez le travail des uns et des autres, le style, etc. Sachez cependant qu’il existe d’autres moyens de trouver le bon photographe.

Les salons de mariage

C’est une piste très intéressante, puisque vous allez rencontrer physiquement le photographe en personne. Il va pouvoir vous parler de son travail et de ses habitudes. Vous y verrez aussi les produits finis comme les livres de mariage ou les packaging, voir même les tirages. Il existe de nombreux salons organisés régulièrement un peu partout en France, n’hésitez pas à aller y faire un tour pour vous faire une idée et, pourquoi pas, rencontrer d’autres prestataires au passage comme les traiteurs ou les fleuristes.

Le bouche à oreille

Dans votre entourage, peut-être qu’un cousin, une amie, vos futurs témoins de mariage se sont déjà mariés récemment et ont fait appel à un photographe génial. Demandez à regarder son travail afin de potentiellement faire appel à lui pour votre mariage ! C’est une chance parce que vous avez sous les yeux un reportage de mariage complet à consulter. Profitez-en !

Les lieux de réception de mariage

Et oui ! Souvent les châteaux ou les salles de réception possèdent déjà une liste de prestataires avec qui ils ont l’habitude de travailler. Ce sont en plus des photographes qui connaissent parfaitement ces lieux, c’est un avantage. Il y a peut-être votre futur photographe dans cette liste, n’hésitez pas à vous renseigner.

Les bonnes questions

La short list

Cet anglicisme signifie que vous avez repéré deux ou trois photographes qui vous intéressent pour votre cérémonie de mariage. Inutile d’en avoir plus, pour la simple et bonne raison que vous allez perdre du temps et de l’énergie à tous les contacter pour finalement ne pas travailler avec eux ! Mieux vaut vous concentrer sur l’essentiel.

Le travail

Regardez bien son travail en détails, demandez-lui de voir une galerie entière pour vous faire une idée plus précise de son travail en entier, c’est important. Ensuite vient le style que l’on recherche, plutôt classique, moderne ou décalé dans les photos. N’hésitez pas à demander d’autres travaux récents pour vous faire une idée précise de son style. Demandez-lui aussi de vous montrer des photos des moments clefs comme le célèbre bisou à la sortie de l’église ou l’échange des alliances à l’église, ce sont des moments à ne rater sous aucun prétexte ! Procédez par élimination, avant de passer à l’étape suivante.

Le contact

Tout bon photographe de nos jours possède un site internet, rare sont ceux qui ont encore une boutique ou un studio. Internet et le numérique ont profondément bouleversé les habitudes et les standard de la profession. La partie contact de leur site internet est la meilleure façon de commencer à discuter de votre projet. Parlez-lui du lieu et de la date de la cérémonie pour savoir s’il est encore disponible. Dites-lui aussi les éléments à couvrir dans la journée comme les préparatifsles cérémonies, le vin d’honneur, etc. et si vous souhaitez qu’il reste pour votre gâteau de mariage ou l’intégralité de la soirée. Dites-lui aussi si vous voulez une séance supplémentaire, comme « trash the dress » ou une séance engagement avant le mariage. Ces dernières pourraient vous servir pour les faire-part ou pour les remerciements. Les photographes ne font généralement qu’un mariage par WE, c’est une charge de travail très importante.

L’expérience

C’est essentiel, mais être photographe de mariage ne s’improvise pas. C’est un métier très prenant qui induit beaucoup de responsabilités puisque ce moment ne se déroulera qu’une seule fois dans votre vie. Je vous le souhaite ! Il lui faut être partout, c’est généralement très prenant. Demandez-lui s’il a déjà couvert d’autres mariages. Est-il compétent ? Généralement les photographes les plus expérimentés sont plus chers, mais en faisant appel à leur expertise, vous serez sûrs que rien ne leur échappera.

Le matériel

Chose importante, comment travaille-t-il ? Un boitier ou deux ? Les sauvegardes ? Quelles sont les garanties si vous perdez vos photos de mariage lors d’un cambriolage ou lors d’une catastrophe naturelle ? Les professionnels de l’image travaillent souvent avec deux boitiers professionnels haut de gamme, qui enregistrent sur deux cartes SD ou compact flash différentes dans chaque boitier en même temps (vous me suivez ?). Si un boitier tombe en panne on peut encore travailler, c’est important ! Pour le plus beau jour de votre vie le photographe doit assurer au maximum.

Le feeling

Voilà, vous avez échangé quelques mails, vous l’avez peut-être eu au téléphone, il est temps de le ou la rencontrer pour finaliser la réservation. C’est important de rencontrer et de discuter avec votre futur photographe. Vous pourrez voir si vous êtes en phase et s’il est à votre écoute, que le courant passe bien, et que vous êtes sur la même longueur d’onde. Parfois, pour des raisons de distance, les services de visioconférence tels que Skype ou Zoom sont très utiles !

Les tarifs de reportage de mariage

C’est sans aucun doute la partie la plus délicate : on trouve des photographes proposant une prestation mariage aux alentours de 300€ à très très cher ! N’oubliez pas qu’un photographe est une entreprise, qu’il a des charges, du matériel à entretenir et qu’il passe du temps à retoucher toutes vos photos (beaucoup !). Ce qui nous amène à considérer que ceux qui travaillent à des prix très très bas font généralement du travail non déclaré et qu’il possède du matériel amateur souvent moyen de gamme, et souvent mal adapté aux conditions délicates d’un mariage, méfiance donc… La bonne tranche se situe entre 800€ et 1500€, voire plus si le photographe a de l’expérience et maitrise parfaitement les rudiments du mariage, auquel cas c’est le prix pour être sûr d’avoir de supers souvenirs à vie, pensez-y !

Et après ?

Dans les détails qui font la différence ce sont les produits finis. Est-ce que le photographe propose un packaging ? Des livres de mariage supplémentaires ? Des tirages ? Il est bon de savoir aussi si une galerie web sera accessible pour vous, vos invités et votre famille. Est-ce que ses photos sont livrées libres de droit ?

Le contrat de reportage de mariage

Voilà, vous aimez son travail, il est disponible pour la date de votre mariage, le courant passe bien, vous vous êtes mis d’accord sur le prix de la prestation du reportage de mariage, maintenant le passage obligatoire est la signature du contrat de mariage. Tout doit être indiqué noir sur blanc : la date, l’heure de début et de fin de la prestation, les adresses, les lieux, les coordonnées des deux parties, la somme convenue, les acomptes versés. Un exemplaire du contrat de reportage pour chaque partie avec des clauses devant être indiquées en cas d’empêchement du photographe, histoire de ne pas perdre votre acompte par exemple. Il doit être en mesure de vous conseiller un confrère en cas de maladie. Il doit aussi stipuler si vous acceptez l’utilisation de vos photos de mariage pour sa promotion. Je pense notamment aux réseaux sociaux ou pour le portfolio de son site web par exemple. Toutes ces questions sont non exhaustives !